Publié le 26 novembre 2025 14:06:00. Plus de 100 000 habitants de Papouasie ont été contraints de fuir leur foyer en raison de l’escalade du conflit armé, tandis que les organisations de défense des droits dénoncent l’inaction du gouvernement face à cette crise humanitaire.
- Plus de 100 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, ont été déplacées par les combats en Papouasie.
- Les organisations humanitaires, notamment les églises, sont en première ligne pour apporter une aide aux populations affectées, faute de réponse adéquate de l’État.
- Le conflit, qui oppose séparatistes et forces de sécurité depuis les années 1970, s’est intensifié depuis 2018.
La province de Papouasie, riche en ressources naturelles, est le théâtre d’un conflit armé persistant entre les forces de sécurité indonésiennes (TNI) et l’Armée de libération nationale de Papouasie occidentale (TPNPB), la branche armée du Mouvement de Papouasie libre (OPM). Les affrontements, qui durent depuis les années 1970, ont connu une recrudescence inquiétante depuis 2018, se traduisant par une augmentation de la fréquence et de la violence des combats.
Selon les estimations, plus de 100 000 autochtones papouasiens ont été contraints de quitter leurs foyers en raison de cette situation sécuritaire dégradée. La majorité des personnes déplacées sont des femmes et des enfants, particulièrement vulnérables. Les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme face à l’incapacité du gouvernement indonésien à assurer une protection adéquate à ces populations.
Alors que le gouvernement privilégie une réponse militaire en renforçant la présence de l’armée sur le terrain, les organisations de la société civile dénoncent un manque criant de soutien aux personnes déplacées. Emmanuel Gobay, responsable du bureau de Papouasie de la Fondation de l’Institut indonésien d’aide juridique (YLBHI), a souligné que des milliers de résidents déplacés n’ont reçu que très peu, voire aucune, aide de l’État.
« Ce qui est de plus en plus préoccupant, c’est l’incapacité continue du gouvernement à garantir les droits fondamentaux des résidents déplacés. Il s’agit clairement d’une responsabilité de l’État, mais leur contribution reste largement inexistante. »
Emmanuel Gobay, responsable du bureau de Papouasie de YLBHI
Face à ce vide laissé par les autorités, les églises locales se sont mobilisées pour fournir une assistance humanitaire d’urgence aux réfugiés. Emmanuel Gobay, qui coordonne également la coalition Rumah Solidaritas Papua (Papouasie Solidarité Maison), a précisé lors d’une conférence de presse :
« Au milieu de l’urgence du conflit armé, les églises sont devenues les premiers intervenants, fournissant une aide humanitaire aux réfugiés, dont beaucoup sont des femmes et des enfants. »
Emmanuel Gobay, coordinateur de Rumah Solidaritas Papua
La coalition Rumah Solidaritas Papua regroupe 15 organisations de la société civile, dont Amnesty International Indonésie, la Commission pour les personnes disparues et les victimes de violence (Kontras), l’Institut d’aide juridique pour la presse (LBH Pers) et YLBHI.
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