Publié le 30 décembre 2025 à 11h01. Au 1er janvier, le salaire minimum en Irlande augmente et le système d’épargne retraite automatique entre en vigueur, impactant les revenus de centaines de milliers de travailleurs.
- Le salaire minimum horaire passe à 14,15 euros, soit une hausse d’environ 5 %, représentant une augmentation hebdomadaire d’environ 25 euros.
- Environ 750 000 travailleurs verront des déductions pour le nouveau régime de retraite automatique, My Future Fund.
- Les syndicats critiquent le report de l’introduction d’un salaire vital, estimant une perte de revenus d’environ 600 euros par an pour les bas salaires.
L’Irlande franchit une étape importante en matière de protection sociale et de pouvoir d’achat avec l’entrée en vigueur de deux mesures majeures au 1er janvier. Une augmentation significative du salaire minimum et le lancement du régime de retraite à adhésion automatique, baptisé My Future Fund, vont modifier le quotidien de nombreux travailleurs.
L’augmentation du salaire minimum, qui s’élève à 65 centimes, portera le salaire horaire minimum à 14,15 euros pour les travailleurs de plus de 20 ans. Cette hausse représente une augmentation de près de 5 %, soit environ 25 euros par semaine, et élèvera le salaire annuel de base minimum à 28 896 euros pour un salarié travaillant 39 heures par semaine.
Parallèlement, le régime My Future Fund débute, s’appliquant automatiquement aux personnes âgées de 23 à 60 ans gagnant plus de 20 000 euros par an. Ce dispositif vise à encourager l’épargne retraite des travailleurs qui ne bénéficient pas déjà d’un régime d’entreprise ou privé. Les salariés verseront initialement 1,5 % de leur salaire brut, une somme qui sera complétée par une contribution équivalente de l’employeur, à laquelle s’ajoutera une participation gouvernementale de 0,5 %.
Concrètement, un travailleur bénéficiant du nouveau salaire minimum versera environ un tiers de l’augmentation qu’il reçoit, soit 8,28 euros par semaine, à son nouveau fonds de pension. Son employeur versera la même somme, et le gouvernement y ajoutera 2,76 euros supplémentaires. Cela permettra à ce travailleur d’accumuler un peu moins de 20 euros par semaine, soit un peu plus de 1 000 euros par an, dans un fonds qui lui versera une pension complémentaire à ses droits existants.
Pour une personne gagnant le salaire moyen national, estimé à environ 50 000 euros par an, la contribution initiale sera d’environ 15 euros par semaine, permettant d’accumuler environ 1 820 euros par an de cotisations totales. Ces cotisations augmenteront progressivement au cours de la prochaine décennie pour atteindre 6 % du salaire du travailleur et de l’employeur, et 2 % du gouvernement.
Les personnes inscrites automatiquement au nouveau régime auront la possibilité de s’en retirer après six mois, à condition de se faire rembourser les cotisations initiales.
Plus de 200 000 personnes en Irlande gagnent actuellement le salaire minimum, un nombre en augmentation et qui comprend une proportion disproportionnée de femmes, de jeunes travailleurs et de personnes handicapées. Ces travailleurs sont souvent employés dans les secteurs de la vente au détail, de l’hôtellerie et des services.
Cependant, l’impact de cette augmentation s’étend à des milliers d’autres salariés dont le salaire est indexé, souvent de manière informelle, sur le salaire minimum, notamment de jeunes dont la rémunération est basée sur un pourcentage de celui-ci. Les syndicats et les représentants de la jeunesse réclament l’abolition de ces taux « sous-minimaux », mais leurs propositions se heurtent à l’opposition de groupes de petites entreprises qui craignent des difficultés de recrutement.
Des appels sont également lancés pour revoir les taux appliqués aux apprentis, qui peuvent être payés bien en dessous du salaire minimum, quel que soit leur âge.
Le Congrès irlandais des syndicats (Ictu) a critiqué la décision du gouvernement de reporter l’introduction d’un salaire vital, qui aurait, selon lui, entraîné une augmentation supplémentaire de 30 centimes au 1er janvier.
« Ce report intervient alors que le secteur de l’hôtellerie, le plus gros employeur au salaire minimum, empochera 681 millions d’euros de TVA chaque année. »
Owen Reidy, secrétaire général de l’Ictu
Il a dénoncé le fait que “lorsqu’une entreprise est en difficulté, tout soutien de l’État doit être fondé sur des preuves, ciblé et limité dans le temps. Au lieu de cela, le gouvernement a laissé les travailleurs payer un lourd tribut à la réduction des coûts de l’entreprise”.
Selon les estimations de l’Ictu, ce report de l’introduction du salaire vital coûtera aux personnes percevant actuellement le salaire minimum environ 600 euros de perte de revenus au cours de l’année à venir.
