Publié le 2024-02-29 10:30:00. Le gouvernement irlandais s’inquiète d’une possible contournement du nouveau système d’épargne-retraite obligatoire par certains employeurs, qui pourraient proposer des régimes internes peu avantageux pour leurs salariés afin de réduire leurs charges administratives.
- Des employeurs sont accusés de tenter de détourner le nouveau dispositif d’épargne-retraite obligatoire.
- Le ministre de la Protection sociale, Dara Calleary, prépare une législation pour garantir un niveau de prestations minimal pour tous les travailleurs.
- Le secrétaire général du département de M. Calleary a averti que toute tentative d’empêcher un employé de participer au programme “My Future Fund” sera considérée comme une infraction.
Des entreprises seraient en train de proposer à leurs employés des régimes de retraite internes, souvent peu généreux, dans le but de les soustraire au nouveau système d’inscription automatique à l’épargne-retraite, prévu pour janvier prochain. Selon le gouvernement, cette pratique vise principalement à alléger les démarches administratives des employeurs, au détriment des droits à la retraite de leurs salariés.
Dara Calleary, ministre de la Protection sociale, s’apprête à déposer une loi visant à combler ce qui est perçu comme une faille dans le système. L’objectif est de garantir que tout régime de retraite professionnel offre aux travailleurs des conditions au moins équivalentes à celles proposées par le programme “My Future Fund”.
Dans une communication exceptionnelle, John McKeon, secrétaire général du département de M. Calleary, a mis en garde les employeurs contre toute tentative d’empêcher un employé de participer au programme. Il a précisé que de telles actions constitueraient une infraction.
M. McKeon a également souligné que le fait d’imposer à du personnel l’adhésion à un régime interne sans leur consentement explicite pourrait exposer les entreprises à des poursuites pour violation de la législation sur la protection des données.
Dans une lettre adressée à Owen Reidy, secrétaire général du Congrès irlandais des syndicats (ICTU), M. McKeon a exprimé les préoccupations du ministère concernant les régimes proposés par certains employeurs. Il a indiqué que les cotisations à ces régimes se limitent généralement à une contribution patronale d’environ 1 % du salaire, ce qui représente une somme dérisoire et peu susceptible de générer des revenus de retraite significatifs.
Avec l’introduction de l’inscription automatique, les employeurs seront initialement tenus de verser 1,5 % du salaire brut d’un travailleur au “My Future Fund”, une somme à laquelle l’employé contribuera également à hauteur de 1,5 %. L’État ajoutera ensuite 1 euro pour chaque 3 euros versés par le travailleur.
Ce taux de cotisation augmentera tous les trois ans, pour atteindre 6 % du salaire brut tant pour les travailleurs que pour leurs employeurs d’ici 2035.
À partir de janvier, tous les travailleurs âgés de 23 à 60 ans, gagnant plus de 20 000 € par an (ou cumulés sur plusieurs emplois) et n’étant pas déjà affiliés à un régime de retraite professionnel, seront automatiquement inscrits au nouveau dispositif.
M. McKeon a précisé que le régulateur des retraites et l’ Autorité nationale d’épargne-retraite à inscription automatique (Naersa), chargée de superviser le nouveau régime, envisagent d’introduire de nouvelles règles imposant des taux de cotisation minimaux à tous les régimes de retraite professionnels.
« Ces normes viseront, conformément à la loi, à garantir que les conditions permettant à un régime de retraite d’être exonéré soient au moins aussi favorables aux salariés que celles proposées dans le cadre du programme My Future Fund. »
John McKeon, secrétaire général du département de la Protection sociale
Owen Reidy s’est félicité de la détermination du ministre à préserver l’intégrité du nouveau régime de retraite géré par l’État.
« Fixer des cotisations patronales minimales pour déterminer si un employé sera automatiquement inscrit est devenu une mesure urgente et nécessaire pour protéger l’intégrité de l’inscription automatique et éviter qu’une autre génération de travailleurs ne voie ses revenus et son niveau de vie s’effondrer à la retraite. »
Owen Reidy, secrétaire général du Congrès irlandais des syndicats (ICTU)
M. Reidy a ajouté que les nouvelles réglementations empêcheront les employeurs de se contenter d’une contribution symbolique au régime de retraite pour contourner la loi.
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