Publié le 25 novembre 2025 à 05h23. La COP30, qui s’est achevée à Belém au Brésil, a abouti à l’adoption du « Paquet de Belém », un ensemble de décisions visant à accélérer la mise en œuvre des objectifs de l’Accord de Paris, mais sans parvenir à des engagements contraignants sur l’abandon des énergies fossiles.
- Le « Paquet de Belém », composé de 29 décisions, met l’accent sur le financement climatique, une transition juste et le suivi de l’adaptation.
- L’« Accord mondial de Mutirão » privilégie la coopération et la mise en œuvre concrète plutôt que de nouveaux objectifs chiffrés.
- L’Inde a plaidé pour que le financement climatique soit considéré comme une obligation légale et non comme une aide, soulignant les disparités entre les engagements pris et les fonds réellement disponibles.
La 30e Conférence des Parties (COP30) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) s’est conclue à Belém, au Brésil, avec l’adoption formelle du « Paquet de Belém ». Cet ensemble de 29 décisions négociées vise à traduire les engagements climatiques en actions concrètes, en mettant l’accent sur le financement, une transition juste pour les travailleurs et les économies dépendantes des combustibles fossiles, et un suivi rigoureux des mesures d’adaptation.
L’un des principaux résultats de la COP30 est l’« Accord mondial de Mutirão », qui se veut un compromis entre les pays développés et les pays en développement. Il privilégie la coopération et la mise en œuvre des politiques existantes plutôt que de fixer de nouvelles cibles ambitieuses. Le Brésil a lancé dans ce cadre la « Plateforme mondiale Mutirão », une initiative numérique destinée à stimuler l’action collective pour le climat et à réduire le fossé entre les promesses et les résultats, notamment dans les domaines de l’énergie, de la finance et du commerce.
Un nouveau « Mécanisme pour une transition juste » (MTJ), également appelé Mécanisme d’action de Belém (MAB), a été adopté pour soutenir le renforcement des capacités et la coopération des travailleurs et des économies en transition. Cependant, ce mécanisme ne prévoit pas de financement nouveau ou garanti, ce qui suscite des inquiétudes quant à son efficacité réelle.
Pour renforcer le suivi des progrès, deux nouveaux outils ont été lancés : le « Global Implementation Tracker » et la « Mission de Belém vers 1,5°C ». Ils sont conçus pour vérifier si les actions nationales et les Contributions déterminées au niveau national (CDN) sont compatibles avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. L’Alliance pour la mise en œuvre du Plan national d’adaptation (PAN) a également été lancée pour accélérer la planification nationale de l’adaptation. Les pays se sont engagés à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2025, mais le manque de clarté sur les sources de financement reste une préoccupation majeure.
La COP30 a également vu la finalisation de la « Feuille de route d’adaptation de Bakou » et l’accord sur 59 indicateurs volontaires pour suivre les progrès réalisés dans le cadre de l’Objectif mondial d’adaptation (OMA). Le « Plan d’action santé de Belém », annoncé lors de la Journée de la Santé, vise à renforcer les systèmes de santé mondiaux face aux impacts du changement climatique, en mettant l’accent sur l’équité, la justice climatique et la participation communautaire.
Le Brésil a lancé le « Mécanisme Forêts Tropicales pour toujours » (MFTF), un modèle de paiement à la performance qui récompense les pays qui préservent leurs forêts tropicales grâce à la surveillance par satellite. L’objectif est de mobiliser environ 125 milliards de dollars, dont un premier milliard de dollars sera financé par le Brésil. L’engagement de Belém 4x vise à quadrupler l’utilisation de carburants durables d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2024, avec une flexibilité adaptée aux circonstances nationales. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) assurera le suivi des progrès.
La « Déclaration de Belém sur la faim, la pauvreté et une action climatique centrée sur les personnes », signée par 43 pays et l’Union européenne, place les communautés vulnérables au cœur de la politique climatique, en privilégiant l’adaptation et la protection sociale.
La position de l’Inde à la COP30
L’Inde, au sein des groupes BASIC (Brésil, Afrique du Sud, Inde et Chine) et des Pays en développement partageant les mêmes idées (LMDC), a insisté sur l’importance de l’équité et de la justice climatique. Elle a appelé à un financement climatique prévisible, accru et basé sur des subventions plutôt que sur des prêts. L’Inde a réclamé la pleine mise en œuvre de l’article 9.1 de l’Accord de Paris et une définition universellement acceptée du financement climatique, ainsi que la mobilisation des 1 300 milliards de dollars (environ 1 185 milliards d’euros) promis pour le financement climatique, conformément à la feuille de route Bakou-Belém adoptée à la COP29.
L’Inde a souligné que le Rapport sur les écarts d’adaptation 2025 estime que les pays en développement auront besoin de 310 à 365 milliards de dollars par an d’ici 2035, alors que les flux actuels s’élèvent à environ 26 milliards de dollars. L’engagement de Glasgow de doubler le financement de l’adaptation à 40 milliards de dollars d’ici 2025 est donc peu susceptible d’être atteint.
L’Inde a réaffirmé le principe des Responsabilités communes mais différenciées et capacités respectives (RCDRR) et a souligné que les pays historiquement responsables des émissions de gaz à effet de serre doivent prendre en charge les efforts d’atténuation. Elle a également appelé à la pleine mise en œuvre de la CCNUCC, du Protocole de Kyoto et de l’Accord de Paris.
L’Inde a insisté sur la nécessité d’accorder une importance égale à l’adaptation et à l’atténuation, et a souligné la nécessité d’un soutien prévisible aux pays en développement et vulnérables.
Les principales lacunes de la COP30
La COP30 n’a pas abouti à un accord sur l’élimination progressive des combustibles fossiles, un point crucial pour limiter le réchauffement climatique. Les négociations n’ont pas permis de clarifier les obligations financières au titre de l’article 9.1, et aucun plan concret n’a été établi pour augmenter le financement au niveau exigé par les pays en développement. Le retard dans la soumission des CDN mises à jour par plusieurs grands émetteurs, dont l’Inde, a également élargi l’écart entre les objectifs mondiaux et les émissions réelles.
Le manque de mécanismes d’application et de systèmes de responsabilisation clairs compromet l’efficacité des nombreux engagements pris lors de la COP30. Enfin, le nouveau mécanisme de transition juste manque de financement dédié, ce qui limite sa capacité à aider les travailleurs et les économies à s’adapter à la transition énergétique.
Conférence des Parties (COP) de la CCNUCC
- À propos de : La COP est l’organe décisionnel suprême de la CCNUCC. Ses pays membres se réunissent chaque année pour examiner les progrès climatiques, négocier des accords et mettre à jour les engagements tels que les CDN.
- La CCNUCC a été adoptée lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992 pour prévenir toute interférence humaine dangereuse avec le système climatique, et a ensuite été renforcée par le Protocole de Kyoto (1997) et l’Accord de Paris (2015).
- La COP 1 s’est tenue à Berlin en 1995 et, à la COP30, la participation est passée à 198 pays, ce qui en fait l’une des plus grandes plateformes multilatérales de l’ONU.
- La COP est soutenue par l’Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI) et l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA).
- Hôte de la COP : Les réunions de la COP sont organisées par rotation dans cinq régions géographiques désignées par l’ONU – Afrique, Asie-Pacifique, Europe de l’Est, Amérique latine et Caraïbes, et Europe occidentale et autres.
- Importance de la COP pour l’Inde : La COP offre à l’Inde une plateforme clé pour renforcer son positionnement climatique mondial, présenter les progrès réalisés dans ses engagements CDN et plaider pour une action climatique équitable.
En conclusion, la COP30 a permis de lancer de nouvelles initiatives, mais n’a pas répondu aux demandes fondamentales, telles que l’abandon des combustibles fossiles et l’augmentation du financement climatique, reflétant les profondes divergences entre les pays développés et les pays en développement. L’Inde a utilisé cette plateforme pour défendre l’équité, la justice climatique et la nécessité de transformer les promesses de financement en engagements concrets. La COP31 sera cruciale pour traduire les engagements pris en actions crédibles.
|
Question principale de Drishti : Q. Le financement climatique n’est pas un acte de charité mais une obligation légale au titre de l’Accord de Paris. Discutez de la position de l’Inde à la COP30 et de ses implications pour la justice climatique. |
Foire aux questions (FAQ)
1. Qu’est-ce que la COP de la CCNUCC et pourquoi est-elle importante ?
La COP est l’organe décisionnel suprême de la CCNUCC, où 198 parties se réunissent chaque année pour examiner les progrès climatiques, négocier des accords et mettre à jour leurs engagements tels que les Contributions déterminées au niveau national (CDN).
2. Qu’est-ce que l’article 9.1 de l’Accord de Paris mentionné lors de la COP30 ?
L’article 9.1 oblige légalement les pays développés à fournir des financements climatiques aux pays en développement pour les efforts d’atténuation et d’adaptation.
3. Quelle était la principale question non résolue à la COP30 ?
La COP30 n’est pas parvenue à parvenir à un consensus sur une feuille de route pour l’élimination progressive des combustibles fossiles, malgré la forte demande des pays vulnérables et en développement.
4. Quelle était la principale demande de l’Inde en matière de financement climatique lors de la COP30 ?
L’Inde, avec BASIC et LMDC, a exigé la mise en œuvre complète de l’article 9.1, une définition claire du financement climatique, un soutien basé sur des subventions et accru, et la mobilisation de 1 300 milliards de dollars conformément à la feuille de route Bakou-Belém.
Examen de la fonction publique UPSC, questions de l’année précédente
Q. Décrivez les principaux résultats de la 26e session de la Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Quels sont les engagements pris par l’Inde dans cette conférence ? (2021)
Pour aller plus loin
