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La misérable affaire du smart casual – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 24 novembre 2025 à 06h01. La conférence climatique COP30 à Belém, au Brésil, a été marquée par une chaleur accablante et des débats inattendus sur le code vestimentaire, illustrant les défis concrets du réchauffement climatique.

  • La chaleur extrême à Belém a rendu les conditions de travail difficiles pour les délégués, certains étant littéralement collés à leurs sièges.
  • Le président brésilien Lula da Silva a volontairement choisi un lieu de conférence qui expose les participants aux réalités du changement climatique.
  • Un débat sur l’interprétation du code vestimentaire « chic et décontracté » a révélé des divergences d’opinions sur les normes de présentation.

La Conférence des Parties (COP) 30 sur le climat, qui s’est tenue à Belém, au Brésil, a offert un aperçu saisissant des défis posés par le réchauffement climatique, et ce, bien au-delà des discussions sur les objectifs de réduction des émissions. Les participants ont rapidement découvert que la chaleur tropicale de la ville, combinée à une climatisation parfois défaillante, rendait les débats sur le climat particulièrement inconfortables.

Lord Nicholas Stern et Lord Adair Turner, deux figures de proue de la pensée sur le changement climatique, ont échangé sur un sujet inattendu lors de la conférence : le choix vestimentaire de Lord Stern. Alors que Turner, en manches de chemise, croisait un Stern en costume se dirigeant vers le pavillon britannique, il lui a demandé avec curiosité : « Pourquoi portez-vous cette veste ? »

La question était légitime. Dans certaines zones de la salle de conférence, les températures ont atteint des niveaux tels que les Nations Unies ont demandé aux organisateurs brésiliens de prendre des mesures « urgentes » pour assurer le bien-être des délégués. Une réunion sur les marchés du carbone a été interrompue lorsqu’un participant, tentant de se lever de sa chaise en plastique, a découvert que son corps était littéralement collé à celle-ci, comme décrit par un journaliste présent : « avec la force d’un millier de sièges de plage après une journée ensoleillée ». Les tentatives désespérées pour se libérer ont provoqué un tel tumulte que le président de séance a demandé l’ajout de housses de siège pour les futures réunions.

Cette situation inconfortable n’était pas le fruit du hasard. Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, avait insisté pour que la conférence se tienne à la lisière de la forêt amazonienne afin de montrer au monde à quoi ressemble la vie sur une planète en surchauffe. Dans cette optique, son gouvernement avait publié un avis officiel indiquant qu’une tenue de travail formelle n’était pas requise et recommandant un code vestimentaire « chic et décontracté » pour assurer le confort de tous.

« André Corrêa do Lago, l’éminent diplomate brésilien qui présidait les négociations sur la Cop, et Wopke Hoekstra, le commissaire néerlandais au climat de l’Union européenne, ont tous deux interprété le style chic et décontracté comme signifiant que l’on pouvait laisser non pas un mais deux boutons de chemise défaits. Cela m’a semblé éminemment sensé, mais a laissé les autres visiblement consternés. »

Source non spécifiée

Pourtant, l’interprétation de ce code vestimentaire a divisé. Lord Stern, par exemple, s’est présenté en costume, un modèle marine de chez Marks & Spencer, lors d’un événement consacré à son nouveau livre sur le climat, « The Growth Story of the 21st Century ». Il a reconnu que la chaleur rendait son choix vestimentaire discutable, mais a avoué ne jamais savoir ce que signifie réellement « chic et décontracté ».

Cette confusion est courante, surtout pour les femmes, pour qui le concept de « tenue professionnelle décontractée » est souvent mal défini et inutile. Certains pensaient que pour les hommes, cela signifiait au moins qu’il n’était pas nécessaire de porter une cravate, un accessoire que Lula da Silva affectionne particulièrement lorsqu’il est en dehors des obligations protocolaire.

Cependant, à Belém, les cravates étaient le moindre des soucis. Les températures dépassant les 30°C (86°F) posaient de nombreux problèmes vestimentaires, notamment en ce qui concerne les boutons de chemise. L’interprétation du code vestimentaire a également suscité des réactions contrastées, certains délégués estimant qu’il était acceptable de montrer un peu de poitrine.

Lord Turner, pour sa part, considère la veste comme un « totem de respectabilité » inutile, même dans des climats plus frais. Il a observé que les hommes portent souvent une veste par habitude, l’enlevant ensuite pour la poser sur le dossier de leur chaise jusqu’à la fin de la réunion. « C’est étrange », a-t-il commenté.

Il a également souligné la praticité de la veste pour les hommes, qui peuvent l’utiliser comme un sac à main improvisé pour ranger leur portefeuille, leur téléphone et leurs clés. Mais dans des endroits comme Belém, la veste n’avait tout simplement aucun sens.

Des incidents similaires se sont déjà produits lors de conférences précédentes. Lors d’une COP en Pologne, un conseiller auprès des délégués des pays en développement avait critiqué les négociateurs australiens, dirigés à l’époque par le Premier ministre Tony Abbott, pour leur manque d’engagement en faveur d’une action climatique ambitieuse. Le conseiller avait accusé les Australiens non seulement d’entraver les négociations, mais aussi d’être insensibles et de « porter des T-shirts ». Peut-être étaient-ils simplement en avance sur leur temps.

Dans la chaleur étouffante de Belém, un T-shirt semblait être le choix vestimentaire le plus logique, offrant fraîcheur, légèreté et la possibilité de dissimuler les poils de poitrine les plus rebelles.

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