Publié le 18 décembre 2025 10h47. Un homme de Lagos accuse un hôpital privé de négligence médicale après le décès de sa femme suite à une hémorragie post-partum mal gérée, soulevant des questions sur la prise en charge des accouchements à risque.
- Le Dr Joseph Aliyu Yahaya, consultant de l’hôpital spécialisé Gynescope, aurait refusé une césarienne élective malgré la taille importante du bébé.
- Le mari de la victime affirme que l’hôpital a commis de multiples erreurs lors de la tentative de transfert de sa femme vers un autre établissement, retardant l’accès à des soins appropriés.
- Une autopsie a révélé que la cause du décès était un choc hémorragique, contredisant le certificat de décès initial de l’hôpital.
John, un habitant de Lagos, a porté plainte contre l’hôpital spécialisé Gynescope de Lekki suite au décès de son épouse, Akudo Lovelyn John, survenu le 4 décembre 2025, des suites d’une hémorragie primaire du post-partum (HPP). Il décrit une série de négligences qui, selon lui, auraient pu être évitées.
Selon son témoignage, Mme John avait été admise à l’hôpital le 3 décembre 2025 après le début du travail. Lors des consultations prénatales, le Dr Joseph Aliyu Yahaya avait constaté que le bébé était de taille considérable. Des inquiétudes avaient été soulevées quant à la possibilité d’un accouchement vaginal spontané (SVD) et l’opportunité d’une césarienne (CS). M. John affirme que le Dr Yahaya a rejeté cette suggestion, insistant pour un accouchement par voie naturelle.
L’accouchement a finalement eu lieu avec une épisiotomie, donnant naissance à un bébé pesant 4,2 kilogrammes (kg). M. John allègue que le Dr Yahaya a quitté la salle d’accouchement immédiatement après la naissance, laissant la suture de l’épisiotomie être réalisée par un médecin moins expérimenté. Peu après, sa femme a commencé à se plaindre de sensations inhabituelles et de douleurs internes. Le consultant a constaté une inflammation anormale de la vulve et des sutures trop serrées, nécessitant une nouvelle intervention.
C’est après cette seconde procédure que l’état de Mme John s’est rapidement détérioré. Elle est devenue pâle, a perdu connaissance et a continué à saigner abondamment. M. John accuse le Dr Yahaya de ne pas avoir rapidement orienté sa femme vers un établissement mieux équipé ni sollicité l’avis d’un spécialiste.
Un intervalle de 15 heures s’est écoulé entre l’accouchement et le décès de Mme John, pendant lequel des transfusions sanguines ont été administrées sans identifier ni stopper la source du saignement. Vers 3 heures du matin le 4 décembre 2025, elle a commencé à avoir des convulsions, sans la présence de personnel médical à proximité. M. John a dû appeler à l’aide, constatant l’absence d’oxygène dans le service.
M. John affirme également que sa demande de transfert vers un autre hôpital a été initialement refusée par le Dr Yahaya, qui aurait estimé qu’aucun établissement n’accepterait une patiente en état critique. L’autorisation de transfert n’a été donnée que lorsque l’état de Mme John s’est encore aggravé.
Le processus d’évacuation a été chaotique, selon M. John. Une civière défectueuse, dépourvue de barrières de sécurité et de sangles, a été utilisée, entraînant la chute de Mme John au sol carrelé du troisième étage. Il demande la diffusion des images de vidéosurveillance pour prouver ses allégations.
Une fois au rez-de-chaussée, l’ambulance de l’hôpital n’était pas prête à partir, étant garée à 80 mètres et recouverte d’une bâche. De plus, les clés de l’ambulance se trouvaient chez le responsable des ressources humaines, retardant encore davantage le départ. Pendant ce temps, Mme John était allongée à l’air libre sur la civière, sans surveillance ni oxygène.
L’ambulance a finalement démarré, mais a dû s’arrêter à deux reprises en cours de route, semblant perdue. M. John a finalement conduit l’ambulance jusqu’à la maternité de l’île de Lagos (LIMH), où sa femme a été déclarée décédée à son arrivée. La LIMH a ordonné le transfert du corps à la morgue de l’hôpital général.
L’hôpital spécialisé Gynescope a initialement délivré un certificat de décès mentionnant un arrêt cardiaque comme cause du décès. Cependant, une autopsie réalisée à l’hôpital universitaire de Lagos (LUTH) a révélé que la cause réelle du décès était un choc hémorragique.
Suite à ces événements, M. John a déposé une pétition auprès du gouvernement de l’État de Lagos, notamment auprès du commissaire à la Santé, des secrétaires permanents concernés et de la Commission des services de santé, ainsi qu’au Conseil médical et dentaire du Nigéria (MDCN), exigeant une enquête approfondie et des sanctions.
Contacté par SaharaReporters, l’hôpital spécialisé Gynescope a déclaré : « C’est une situation très malheureuse. Dans un moment comme celui-ci, nous voulons respecter et chérir les sentiments de la famille endeuillée. »
