Publié le 15 décembre 2025 à 18h18. Après des décennies d’absence, des cas de lèpre ont été recensés en Roumanie et en Croatie, suscitant l’attention des autorités sanitaires européennes, bien que la situation soit actuellement considérée comme maîtrisée.
- Des cas de lèpre ont été confirmés en Roumanie, notamment à Cluj-Napoca, et en Croatie, à Split.
- La lèpre, causée par la bactérie Mycobacterium leprae, affecte principalement la peau et les nerfs périphériques.
- Les autorités sanitaires des deux pays ont mis en place des mesures prophylactiques et rassurent sur l’absence de risque épidémique.
La réapparition de la lèpre en Europe, une maladie longtemps considérée comme éradiquée sur le continent, interpelle les experts. Si les cas signalés restent isolés pour l’instant, ils soulignent la nécessité d’une vigilance accrue face à la circulation mondiale des maladies, notamment dans un contexte de mobilité internationale accrue.
En Roumanie, quatre femmes d’origine asiatique travaillant dans un centre de massage à Cluj-Napoca ont été identifiées comme porteuses de la maladie. L’une d’entre elles a reçu un diagnostic confirmé, tandis que les trois autres sont en cours d’observation. Les autorités roumaines ont immédiatement ordonné la fermeture du centre et lancé une enquête épidémiologique. Un cas a également été détecté à Split, en Croatie, chez un homme originaire du Pakistan résidant dans le pays depuis environ deux ans. Selon les autorités croates, aucun cas de lèpre n’avait été enregistré depuis plus de 30 ans.
La lèpre, également connue sous le nom de maladie de Hansen, est une infection chronique et granulomateuse causée par la bactérie Mycobacterium leprae ou Mycobacterium lepromatosis. Elle se manifeste principalement par des lésions cutanées et affecte les nerfs périphériques, pouvant entraîner une perte de sensation et, à terme, des invalidités si elle n’est pas traitée. La maladie évolue lentement, sur des années, mais n’est pas mortelle.
Les autorités sanitaires des deux pays ont rapidement mis en œuvre les procédures prophylactiques habituelles. En Croatie, les contacts du patient sont suivis de près et la situation est qualifiée de « sous contrôle absolu ». La lèpre se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux et des éternuements, mais une exposition prolongée est nécessaire pour qu’une contagion se produise. Le traitement repose sur une thérapie combinée d’antimicrobiens, d’une durée de six à douze mois, qui permet généralement une guérison complète si elle est débutée à temps.
Interrogé par Virgilio Notizie, l’épidémiologiste Massimo Ciccozzi, de l’Université Campus Bio-Medico de Rome, a souligné qu’il s’agissait d’une « maladie de voyage ».
« Il est difficile de penser que la lèpre soit endémique en Croatie ou en Roumanie. Ce sont des cas isolés, reconnus rapidement, et donc il n’y a pas de risque d’épidémie. Mais aujourd’hui il n’y a plus de frontières en matière de santé. »
Massimo Ciccozzi, épidémiologiste, Université Campus Bio-Medico de Rome
Il a ajouté que la rapidité des mouvements internationaux favorise l’apparition de pathologies présentes dans d’autres régions du monde, même à grande distance. L’Italie, bien qu’elle n’ait pas enregistré de cas depuis longtemps, dispose de structures d’excellence, telles que l’hôpital Spallanzani de Rome et l’hôpital Sacco de Milan, pour identifier et prendre en charge rapidement de tels cas.
M. Ciccozzi a enfin rappelé l’importance de la surveillance internationale pour prévenir la propagation de maladies rares, en raison de la phase pré-symptomatique où de nombreuses infections peuvent passer inaperçues.
