Publié le 24 juillet 2024 à 18h00. Le ministère américain de la Défense a menacé le sénateur Mark Kelly de poursuites pénales et d’une éventuelle réintégration dans l’armée, suite à une vidéo controversée dans laquelle il encourageait les militaires à remettre en question les ordres de l’administration Trump.
- Le Pentagone accuse le sénateur Kelly d’avoir potentiellement incité à la désobéissance aux ordres légaux.
- Donald Trump a dénoncé les démocrates impliqués dans la vidéo, allant jusqu’à évoquer la peine de mort pour un tel acte.
- Mark Kelly, ancien astronaute et possible colistier de Kamala Harris, se défend et affirme ne pas se laisser intimider.
La tension monte entre l’administration américaine et certains élus démocrates, notamment ceux issus du monde militaire ou du renseignement. Le ministère de la Défense a annoncé qu’il examinait de « graves allégations de mauvaise conduite » à l’encontre du sénateur Mark Kelly, suite à la diffusion d’une vidéo dans laquelle il appelait les membres des forces armées et des services de renseignement à ne pas se soumettre à des ordres qu’ils jugeraient illégaux.
Dans cette vidéo, partagée sur les réseaux sociaux, Kelly déclarait :
« Nos lois sont claires : vous pouvez refuser les commandes illégales – vous devez refuser les commandes illégales. Personne n’est obligé de suivre des ordres qui violent la loi ou la constitution. »
Le ministère de la Défense a réagi en rappelant que les militaires sont tenus d’obéir aux ordres légaux conformément à l’UCMJ (Code uniforme de justice militaire). Il a également suggéré que les déclarations de Kelly pourraient constituer une infraction à la loi fédérale. Une enquête a été ouverte pour déterminer les suites à donner à cette affaire.
L’ancien président Donald Trump a vivement réagi à la vidéo, qualifiant les législateurs démocrates de « séditieux » et affirmant que leurs actions pouvaient être punies de mort. Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a dénoncé ces propos comme un appel à l’exécution d’élus.
Trump a ensuite tenté de nuancer ses déclarations, expliquant à Fox News Radio :
« Je ne les menace pas de mort, mais je pense qu’ils ont de sérieux problèmes. Avant, cela signifiait la mort. »
Il a également accusé les parlementaires d’avoir enfreint la loi en encourageant les soldats à désobéir aux ordres du président.
Mark Kelly a fermement répondu aux menaces de Trump, affirmant qu’il ne se laisserait pas déstabiliser :
« Vos menaces continues ne m’intimideront pas et ne me dissuaderont pas d’exercer mes fonctions, qui incluent la surveillance du pouvoir exécutif. »
Kelly, ancien pilote de chasse et astronaute, a servi dans la marine américaine avant de se lancer en politique. Son parcours atypique a fait de lui une figure notable au sein du parti démocrate. Il était d’ailleurs considéré comme un possible colistier de Kamala Harris pour l’élection présidentielle. Il représente l’État swing de l’Arizona et est un fervent défenseur du contrôle des armes à feu.
La sénatrice Elissa Slotkin, également impliquée dans la vidéo, s’est défendue sur ABC News, expliquant que des jeunes officiers, notamment des gardes nationaux, l’avaient contactée pour savoir s’ils devaient exécuter des ordres qui leur semblaient douteux. Elle a précisé qu’elle n’était au courant d’aucune action illégale, mais qu’il existait des « manœuvres juridiques » concernant les opérations dans les Caraïbes et au Venezuela.
Pete Hegseth, chef du Pentagone, a qualifié la vidéo sur X de « méprisable, imprudente et erronée ».
