Publié le 1er octobre 2025 à 00h31. Une paralysie partielle de l’administration américaine se profile à partir d’aujourd’hui, faute d’accord budgétaire entre le Congrès et la Maison Blanche. Des centaines de milliers de fonctionnaires pourraient être mis en congé sans solde ou contraints de travailler sans rémunération, affectant divers services publics.
- Le Congrès américain doit adopter une loi de financement avant le 1er octobre pour éviter l’arrêt.
- Les négociations sont bloquées, notamment sur les questions de santé et de financement de la sécurité aux frontières.
- Un arrêt similaire en 2018-2019 avait duré 35 jours, impactant significativement l’économie et les services publics.
Washington est au bord d’une nouvelle crise budgétaire. Si les élus et le président ne parviennent pas à un accord sur le financement de l’État fédéral, une “fermeture” (shutdown) partielle des services gouvernementaux entrera en vigueur. Cette situation, qui survient régulièrement aux États-Unis, se traduit par la suspension des activités non essentielles et l’impact sur la vie quotidienne de nombreux Américains.
Le Congrès américain doit impérativement voter une loi de financement avant le début de l’exercice budgétaire, le 1er octobre. En cas d’échec, les agences gouvernementales se retrouvent sans base légale pour dépenser des fonds. Seules les activités jugées “essentielles” – sécurité des vols, protection des frontières, services d’urgence – peuvent alors continuer à fonctionner. Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux sont alors mis en congé forcé ou continuent de travailler sans être payés, dans l’attente d’une résolution.
Les républicains contrôlent actuellement la Chambre des représentants et le Sénat, mais ont besoin du soutien de sept sénateurs démocrates pour faire adopter une loi de financement. Cette situation donne une influence non négligeable à l’opposition, dans un contexte politique déjà tendu, marqué par les ambitions de Donald Trump.
Les négociations sont actuellement bloquées, notamment sur les questions de santé. Les démocrates s’opposent à toute réduction des budgets de Medicaid et à la suppression des subventions à l’assurance maladie, tandis que les républicains insistent sur la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Le président Trump a initialement refusé de négocier avec l’opposition, imputant la responsabilité de la fermeture imminente aux démocrates. Des discussions ont eu lieu lundi, mais se sont avérées infructueuses selon plusieurs sources.
Le dernier arrêt majeur du gouvernement américain avait eu lieu entre fin décembre 2018 et fin janvier 2019, durant le premier mandat de Donald Trump. Il avait duré 35 jours, devenant ainsi le plus long de l’histoire des États-Unis. La cause principale était une dispute concernant le financement de la sécurité à la frontière mexicaine. Trump exigeait des milliards de dollars pour la construction d’un mur, une demande bloquée par les démocrates au Congrès. Ce conflit avait paralysé de nombreux services publics et pesé sur l’économie.
Plus récemment, une fermeture a été évitée de justesse en mars 2025, lorsque les démocrates ont voté un budget de transition malgré les critiques. Cette fois-ci, l’opposition exige des concessions.
En théorie, la durée d’une fermeture est illimitée, tant que le Congrès et le président ne parviennent pas à un accord sur un nouveau budget ou une loi transitoire. Cependant, la pression économique, l’indignation publique et les appels à la raison favorisent généralement une résolution rapide. Le processus est d’autant plus complexe que les deux camps sont soumis à des pressions internes pour ne pas faire de concessions trop importantes.
Lors d’une fermeture, les activités non essentielles des autorités fédérales sont suspendues. Des centaines de milliers de fonctionnaires sont alors mis en congé sans solde, tandis que d’autres, considérés comme indispensables, continuent de travailler sans être payés, dans l’attente d’une régularisation. L’Office de la gestion et du budget (OMB) détermine quelles activités peuvent se poursuivre, en se basant sur les plans d’urgence des différentes agences. Les services de sécurité aérienne, la protection des frontières, la police et les services d’urgence de santé sont généralement maintenus. Les musées, les parcs nationaux et les agences environnementales et éducatives sont souvent touchés.
Selon le Bureau de la gestion et du budget (OMB), le dernier arrêt a coûté environ 3 milliards de dollars à l’économie américaine, et a affecté environ 800 000 des 2,2 millions d’employés fédéraux. L’OMB a récemment demandé aux agences de préparer des lettres de licenciement, ce qui témoigne de la gravité de la situation.
La dette des États-Unis continue de croître, atteignant environ 36 billions de dollars, soit plus que le produit intérieur brut du pays. Les débats budgétaires sont exacerbés par cette dette élevée et par les discussions sur la limite de la dette, régulièrement augmentée pour permettre le financement des dépenses publiques. Le “Big Beautiful Bill” adopté récemment par Donald Trump a ajouté 3,4 billions de dollars à la dette.
Contrairement aux États-Unis, un arrêt gouvernemental tel qu’il est connu n’est pas possible en Allemagne. La loi fondamentale prévoit un mécanisme de financement provisoire en cas de désaccord sur le budget, garantissant le maintien des services essentiels.
Avec des informations des agences de presse AP, Reuters, AFP et DPA.
Pour aller plus loin
