Publié le 9 décembre 2025 à 07h02. À l’heure où l’espérance de vie s’allonge, un psychologue et « biohacker » argentin propose des méthodes pour optimiser notre bien-être physique et mental, en puisant dans la sagesse ancestrale et les avancées technologiques.
- Le « biohacking » consiste à modifier nos habitudes quotidiennes pour améliorer notre santé et prolonger notre longévité.
- Des interventions simples, comme le jeûne intermittent, l’exposition au froid et la gestion de la lumière bleue, peuvent avoir un impact significatif sur notre bien-être.
- L’entraînement en force est essentiel pour lutter contre la perte musculaire liée à l’âge et stimuler la plasticité cérébrale.
Marcos Apud, psychologue et spécialiste de la longévité, s’est intéressé aux moyens de contrer une affirmation alarmante entendue lors d’une conférence à Rome : les psychothérapeutes vivraient en moyenne dix ans de moins que la population générale. Cette prise de conscience a marqué le début d’une exploration approfondie des facteurs influençant la longévité et la qualité de vie, aboutissant à la publication de ses ouvrages Bien plus qu’humain et Neurolongévité : un cerveau qui dure cent ans.
Le biohacking, selon Apud, est bien plus qu’une simple tendance. C’est un véritable mode de vie qui implique de repenser nos habitudes fondamentales : sommeil, nutrition, activité physique, gestion du stress, supplémentation, connexion avec la nature et hygiène électromagnétique. L’objectif est de réintégrer des pratiques ancestrales, telles que l’exposition au froid et à la chaleur, au soleil et à la nature, en les combinant avec les outils offerts par la technologie moderne.
« Nous modifions les habitudes liées à nos piliers fondamentaux du bien-être, comme le sommeil, la nutrition, l’activité physique, la gestion du stress, la supplémentation, la connexion avec la nature et l’hygiène électromagnétique. »
Marcos Apud, psychologue et biohacker
Apud insiste sur l’importance de considérer le corps comme un laboratoire personnel, en mesurant l’impact des changements de mode de vie sur notre biologie grâce à des dispositifs de suivi. Il s’agit de valider scientifiquement des pratiques que nos ancêtres connaissaient déjà, comme les bains froids, la marche pieds nus ou les dîners légers. Ces routines, aujourd’hui reconnues, améliorent l’immunité, la clarté mentale, réduisent l’inflammation et favorisent un sommeil de meilleure qualité.
Parmi les interventions les plus accessibles et efficaces, le jeûne intermittent se distingue. Cette pratique, qui consiste à alterner des périodes de jeûne et d’alimentation, offre des bénéfices physiques, mentaux et émotionnels. Apud recommande également de dormir à jeun, en évitant de manger dans les trois heures précédant le coucher, afin de favoriser la régénération cellulaire pendant le sommeil.
La gestion de la lumière bleue, émise par les écrans, est également cruciale. L’utilisation de lunettes filtrantes, orange ou rouges pour la nuit et transparentes ou légèrement colorées pendant la journée, permet de maintenir un rythme circadien stable et d’améliorer la qualité du sommeil. La perturbation de ce rythme affecte la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, entraînant fatigue, difficultés de concentration et stress.
Pour optimiser la productivité, Apud conseille de concentrer les tâches les plus exigeantes intellectuellement avant 18h ou 19h, en suivant le rythme naturel du corps. Il déconseille également l’exercice physique en soirée et recommande de limiter la consommation de liquides avant de se coucher.
Enfin, l’entraînement en force est présenté comme un pilier essentiel de la longévité, en particulier après 40 ans. Il permet de lutter contre la sarcopénie, la perte de masse musculaire liée à l’âge, et de stimuler la plasticité cérébrale grâce à la production de BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), une protéine favorisant la neurogenèse et la création de nouvelles connexions neuronales. Apud résume son approche par une formule simple : « moins de sudoku, plus de sueur ».
L’augmentation de la réserve cognitive, par l’apprentissage continu et la stimulation intellectuelle, est également un facteur clé pour prévenir les maladies neurodégénératives et maintenir un cerveau en bonne santé tout au long de la vie.
