Alors que la fatigue pandémique s’installe, les experts de santé publique tirent la sonnette d’alarme : le COVID-19, loin d’être éradiqué, continue de circuler et de laisser des séquelles durables, en particulier chez les populations les plus vulnérables. Un retour aux précautions élémentaires s’avère crucial pour protéger la santé collective.
Six ans après le début de la pandémie, le virus persiste et les taux d’infection repartent à la hausse dans de nombreux États américains. À la fin de 2024, on estimait qu’au moins une personne sur 19 aux États-Unis vivait avec les symptômes persistants du COVID long, un syndrome chronique comparable en termes de prévalence au diabète. Ce chiffre, probablement sous-estimé en raison du manque de diagnostics, souligne l’impact durable de la maladie.
Le COVID long, qui affecte non seulement les voies respiratoires mais aussi le système vasculaire, peut entraîner une invalidité, une perte de revenus et une dégradation de la qualité de vie. Chaque nouvelle infection augmente le risque de développer ces complications graves.
La pandémie révèle également de profondes inégalités en matière de santé. Les communautés marginalisées, notamment les personnes noires, autochtones et de couleur (BIPOC), ainsi que les personnes handicapées et les femmes, sont disproportionnellement touchées par les infections, le COVID long, les hospitalisations et les décès. Les personnes handicapées, en raison de problèmes de santé préexistants, d’obstacles à l’accès aux soins et d’une exposition accrue, présentent une prévalence plus élevée des symptômes longs du COVID. Les enfants, contrairement aux idées reçues, sont aussi susceptibles que les adultes de contracter le virus et de développer des séquelles.
Malgré la lassitude générale, les professionnels de la santé publique insistent sur l’importance de maintenir les mesures de prévention. « Si ce n’est pas nous, qui ? Si ce n’est pas maintenant, quand ? » a déclaré John Lewis, militant des droits civiques, soulignant l’urgence d’agir. Or, on constate un relâchement généralisé des précautions, y compris dans les établissements de santé où le port du masque n’est plus systématiquement exigé, alors qu’il s’avère efficace pour limiter la propagation des infections.
Le code d’éthique de la santé publique, fondé sur les principes de justice, d’équité et de solidarité, impose aux professionnels de minimiser les dommages, en particulier pour les populations les plus vulnérables. La santé de chaque individu est intrinsèquement liée à celle des autres, et une approche collective est essentielle pour protéger la santé publique.
Pour réduire les risques, les experts recommandent de maintenir les mesures de réduction des méfaits, telles que le port de masques N-95 ou supérieurs, les tests, la vaccination, l’amélioration de la ventilation des espaces clos (avec des systèmes de filtration HEPA et l’ouverture des fenêtres) et, dans la mesure du possible, l’organisation d’événements en extérieur. Une étude de 2022 a démontré que ces mesures réduisent considérablement le risque de contamination lors de conférences.
Il est également crucial de proposer des options de participation à distance pour les réunions et les événements, afin de garantir un accès équitable et sécurisé pour tous. Les organisations sont encouragées à adopter des pratiques qui protègent la santé publique et augmentent l’accessibilité, en s’inspirant des expériences des personnes les plus touchées et en promouvant les soins collectifs.
