Publié le 26 décembre 2025 à 08h49. Le premier film de Damiano Michieletto, Primavera, sorti aujourd’hui, plonge le spectateur dans la Venise de 1716 à travers l’histoire émouvante de jeunes orphelines musiciennes dont la vie bascule avec l’arrivée d’Antonio Vivaldi.
- Le film explore les thèmes de la passion musicale, de l’émancipation féminine et de la quête de liberté.
- Tecla Insolia incarne Cecilia, une violoniste talentueuse prisonnière d’une existence réglementée, dont le destin est bouleversé par la rencontre avec Vivaldi.
- Primavera s’inspire librement du roman Mère était debout de Tiziano Scarpa et met en lumière le rôle de l’Ospedale della Pietà, institution vénitienne où les orphelines recevaient une éducation musicale de haut niveau.
L’Ospedale della Pietà, le plus grand orphelinat de Venise en 1716, était bien plus qu’un simple lieu d’accueil. Il offrait aux jeunes filles les plus douées une formation musicale rigoureuse, leur permettant de se produire lors de concerts publics, bien que cachées derrière les grilles des églises. Ces performances, destinées à attirer des mécènes et à assurer la pérennité de l’institution, étaient encadrées par des règles strictes : le mariage signifiait l’arrêt définitif de la musique.
Cécilia, interprétée par Tecla Insolia, est une jeune femme de vingt ans qui a passé toute sa vie au sein de l’Ospedale. Violoniste talentueuse, elle aspire secrètement à retrouver la mère qui l’a abandonnée et à briser les chaînes de son existence confinée. L’arrivée d’Antonio Vivaldi (Michele Riondino) va bouleverser son monde.
Le maestro Vivaldi, compositeur et prêtre en quête de nouveaux sons, accepte un poste à l’Ospedale della Pietà, attiré par le potentiel des jeunes musiciennes et par la nécessité de trouver un soutien financier. Sa musique, novatrice et passionnée, va réveiller en Cécilia une soif de liberté et une confiance en son talent jusqu’alors insoupçonnées. La rencontre entre ces deux âmes solitaires, Vivaldi, un homme malade en quête de renouveau, et Cécilia, une jeune femme en quête d’identité, est un véritable catalyseur.
Primavera dépeint un système patriarcal étouffant et violent, où les femmes sont réduites à un rôle subalterne et privées de toute liberté d’expression. La musique devient alors un outil de résistance, un moyen pour Cécilia de s’affirmer et de revendiquer sa place dans le monde. Comme Modesta dans L’art de la joie, elle se rebelle contre les conventions, mais avec une subtilité et une détermination qui lui sont propres.
Le film met également en lumière le processus créatif de Vivaldi, qui, confronté à la précarité et à la maladie, trouve à l’Ospedale della Pietà l’inspiration nécessaire pour composer ce qui deviendra son œuvre maîtresse : Les Quatre Saisons.
Outre Tecla Insolia et Michele Riondino, le casting de Primavera comprend Stefano Accorsi dans le rôle de Sanfermo, un officier à qui Cécilia est promise en mariage, et Andrea Pennacchi et Valentina Bellè, incarnant une noble femme frustrée de ne pas pouvoir s’adonner à sa passion pour le piano.
Primavera est une ode à la musique, à la liberté et à la force des femmes, un film poignant qui résonne avec les enjeux contemporains et qui invite à repenser les codes d’une société trop souvent dominée par les hommes.
Michele Riondno et Tecla Insolia dans « Primavera ». (Photo Kimberley Ross)
Tecla Insolia et Michele Riondino. (Photo Kimberley Ross)
Tecla Insolia. (Photo Kimberley Ross)




