Publié le 17 janvier 2026. L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême d’Iran, a accusé les États-Unis et Israël d’être responsables de la mort de « plusieurs milliers » de personnes lors des récentes manifestations antigouvernementales, tout en avertissant qu’ils en subiront les conséquences.
L’ayatollah Khamenei a affirmé que les troubles, qui secouent l’Iran depuis plus de deux semaines, étaient directement orchestrés par des acteurs liés à Israël et aux États-Unis. Il a notamment désigné l’ancien président américain Donald Trump comme un « criminel » et a souligné son implication personnelle dans cette « sédition ».
« Ceux qui sont liés à Israël et aux États-Unis ont causé des dégâts massifs et tué plusieurs milliers de personnes »
Ayatollah Ali Khamenei
Les autorités iraniennes mettent de plus en plus en avant le rôle de puissances étrangères dans ces troubles, considérant Israël et les États-Unis comme les principaux instigateurs de l’instabilité. Selon Téhéran, ces acteurs géopolitiques rivaux chercheraient à fomenter le chaos et à diriger les opérations sur le terrain.
Khamenei a précisé que, bien que l’Iran ne cherche pas à étendre le conflit au-delà de ses frontières, les responsables de ces actes ne resteront pas impunis.
« Nous n’entraînerons pas le pays dans la guerre, mais nous ne laisserons pas les criminels nationaux ou internationaux impunis »
Ayatollah Ali Khamenei
Le correspondant d’Al Jazeera, Resul Serdar, rapportant depuis Téhéran, a souligné que les déclarations de Khamenei réaffirment la position de longue date de l’Iran, mais introduisent une nouvelle donnée significative concernant l’ampleur des pertes. Il a également noté que l’ayatollah a allégué un niveau d’implication américaine plus profond que lors des précédentes périodes de troubles.
Selon Serdar, Khamenei a affirmé que l’intervention américaine était minime lors des manifestations passées, mais qu’elle est devenue centrale cette fois-ci, avec le président des États-Unis au cœur d’un complot international visant l’Iran.
Ce qui ressort particulièrement, a ajouté Serdar, est l’estimation du nombre de victimes. Pour la première fois, Khamenei a évoqué la mort de « milliers » de personnes. Cette estimation est corroborée, au moins en partie, par l’organisation de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, qui estime le nombre de morts à plus de 3 000. Jusqu’à présent, les autorités iraniennes avaient publiquement reconnu des centaines de décès, dont des membres des forces de sécurité.
Les autorités iraniennes affirment également que près de 3 000 personnes ont été arrêtées à la suite des manifestations.
Khamenei a également accusé les manifestants d’avoir causé des destructions généralisées, notamment en incendiant plus de 250 mosquées et établissements médicaux, selon les informations rapportées par Serdar.
Selon le récit officiel iranien, les manifestations ont débuté le 28 décembre dans plusieurs villes du pays, initialement de manière pacifique, en réaction à la hausse des prix et aux difficultés économiques. Le gouvernement a initialement reconnu les revendications et les difficultés rencontrées par la population, mais affirme désormais que les manifestations ont été détournées par des éléments violents agissant sous les ordres de puissances étrangères.
Les responsables iraniens soutiennent que ces individus ont été équipés, financés et formés par des acteurs étrangers, avec Donald Trump désigné comme étant au centre de ce complot.
Par ailleurs, l’agence de presse semi-officielle Fars a annoncé samedi la restauration progressive du service de messagerie courte (SMS) dans tout le pays, après huit jours de perturbation quasi totale de l’accès à Internet.
