Publié le 17 janvier 2026 à 21h21. Les oublis fréquents, la difficulté à trouver ses mots, sont des phénomènes courants chez les femmes en période de périménopause et de ménopause, mais ne sont généralement pas le signe d’une démence.
- La baisse des œstrogènes pendant la ménopause peut affecter la mémoire à court terme.
- Ces troubles diffèrent de la démence, qui s’accompagne d’une désorientation et d’une perte de capacité à effectuer les tâches quotidiennes.
- Adopter un mode de vie sain et consulter un médecin en cas de symptômes inquiétants sont recommandés.
De nombreuses femmes entre 45 et 55 ans constatent une diminution de leur capacité à se souvenir des noms, à retrouver un mot précis ou à mémoriser des informations récentes. Ces épisodes d’oubli, bien que source d’inquiétude, sont le plus souvent liés aux fluctuations hormonales caractéristiques de la périménopause et de la ménopause, selon les spécialistes de la Clinique de Cleveland.
La principale cause de ces troubles de la mémoire est la diminution du taux d’œstrogènes. La docteure Pelin Batur, experte en santé des femmes, explique que cette baisse hormonale impacte le fonctionnement cérébral, entraînant des oublis temporaires et des difficultés à exprimer ses pensées.
« La diminution hormonale affecte le fonctionnement du cerveau, ce qui peut provoquer des oublis temporaires ou des difficultés à retenir des noms et des mots. »
Pelin Batur, experte en santé des femmes
Contrairement à la démence, ces problèmes de mémoire sont généralement transitoires ou se stabilisent avec le temps. Ils n’empêchent pas de mener une vie normale et ne provoquent pas de désorientation dans des environnements familiers.
La neurologue Caroline Juste, de la Clinique de Cleveland, souligne une différence cruciale : dans les cas de démence, les personnes atteintes ne sont généralement pas conscientes de leurs troubles de la mémoire, tandis que c’est leur entourage qui les remarque. Les premiers signes de la maladie incluent le fait de se perdre dans des lieux connus ou d’oublier des tâches habituelles.
La maladie d’Alzheimer touche principalement les personnes de plus de 65 ans, alors que les symptômes liés à la ménopause apparaissent généralement entre 45 et 55 ans, voire plus tôt pendant la périménopause. Selon la docteure Juste, les oublis associés à la ménopause ont tendance à s’améliorer ou à rester stables, tandis que dans la démence, la détérioration est progressive.
Pour préserver sa santé cognitive pendant la ménopause, l’équipe de la Clinique de Cleveland recommande d’adopter un mode de vie sain : dormir suffisamment, avoir une alimentation équilibrée riche en antioxydants et pratiquer une activité physique régulière.
La docteure Sobia Khan conseille de toujours demander l’avis d’un médecin avant de prendre des compléments alimentaires tels que la vitamine B12 méthylée, les oméga 3 ou le magnésium, car leur efficacité et leur sécurité ne sont pas systématiquement prouvées.
Il est également important de limiter le multitâche, qui surcharge le cerveau, surtout à un moment où l’énergie mentale est souvent réduite. Alterner constamment entre différentes activités demande un effort supplémentaire et peut renforcer la sensation de brouillard mental.
Pour stimuler la mémoire, il est conseillé de s’adonner à des activités intellectuellement stimulantes telles que les jeux de logique, les loisirs créatifs, la lecture, la marche rapide, l’apprentissage d’une nouvelle langue ou la méditation.
« Ces pratiques sont non seulement utiles, mais peuvent aussi être motivantes et agréables. »
Pelin Batur, experte en santé des femmes
L’utilisation de la thérapie hormonale reste un sujet de débat au sein de la communauté médicale. La Clinique de Cleveland précise qu’il n’y a pas de consensus sur son effet sur la mémoire ou sur sa capacité à prévenir la démence. La docteure Batur souligne que les risques potentiels, s’ils existent, sont faibles et difficiles à évaluer. Pour la plupart des femmes, les bénéfices dépassent les éventuels effets indésirables, surtout si le traitement est initié dans les dix ans suivant le début de la ménopause.
Il est essentiel de savoir quand consulter un médecin. Bien que la perte de mémoire puisse faire partie du processus naturel de la ménopause, certains signes doivent alerter : oubli des tâches quotidiennes, difficulté à suivre des instructions, difficultés à maintenir une conversation ou à utiliser les mauvais mots sans s’en rendre compte, changements de jugement, de personnalité ou d’humeur. Si ces symptômes apparaissent et s’aggravent, une consultation médicale est recommandée.

