Publié le 11 mars 2024 14:53:00. Une boulangerie familiale néerlandaise, Koninklijke Amarant Bakkers, a porté son différend avec le supermarché Jumbo devant les tribunaux, craignant de graves conséquences financières suite à la fin de leur partenariat de plus de vingt ans.
- Jumbo met fin à son contrat avec Amarant Bakkers au 1er janvier 2026, privilégiant un autre fournisseur, Goedhart Borgesius, dans une démarche de réduction des coûts.
- Amarant Bakkers réclame une période de transition plus longue, estimant que la rupture est trop brutale et pourrait compromettre la pérennité de son activité.
- Cette affaire s’inscrit dans une série de litiges judiciaires impliquant Jumbo et ses fournisseurs, notamment Heineken et JDE Peet’s.
Le tribunal de Den Bosch a été le théâtre, mardi dernier, d’une confrontation entre Jumbo et Koninklijke Amarant Bakkers. La direction du supermarché entend confier sa production de pain frais à Goedhart Borgesius, le plus grand boulanger des Pays-Bas, à compter du 1er janvier 2026. Pour Amarant Bakkers, cette décision, motivée par une volonté de Jumbo de réduire ses dépenses, est prise trop rapidement et sans tenir compte des conséquences pour son entreprise.
Koninklijke Amarant Bakkers, basée à Avenhorn, en Hollande du Nord, a été un fournisseur clé de Jumbo pendant plus de deux décennies. L’entreprise familiale exploite quatre boulangeries, dont deux dédiées exclusivement à la production de pain pour la chaîne de supermarchés. La perte de ce contrat représente donc un coup dur, d’autant plus qu’Amarant fournit également du pain à Albert Heijn, mais ne dispose pas encore de la capacité d’augmenter significativement ses volumes pour compenser la perte de Jumbo.
L’avocat d’Amarant Bakkers a plaidé devant le tribunal que la fin de cette longue collaboration était unilatérale et mettait en péril l’avenir de l’entreprise.
« Au fil des années, les deux parties sont devenues de plus en plus interdépendantes. Cette rupture soudaine pourrait avoir des conséquences très graves pour Amarant. »
Avocat d’Amarant Bakkers
La directrice d’Amarant, Renee Pater, a exprimé son désarroi devant le tribunal :
« On s’attend à ce que Jumbo, une entreprise familiale par excellence, soit guidée par le bon sens et l’équité, mais ce n’est pas ce qui s’est passé ici. »
Renee Pater, directrice d’Amarant Bakkers
Jumbo se défend en arguant que le contrat avec Amarant Bakkers comportait une date de fin précise et que la décision de ne pas le renouveler ne constitue pas une résiliation. L’avocat du supermarché a toutefois reconnu qu’il serait possible d’accorder une période de transition pour éviter l’effondrement de l’entreprise. Jumbo a déjà subi les conséquences de cette décision, ayant dû vendre l’une de ses boulangeries « à un prix dérisoire », selon les termes de la direction d’Amarant.
« Nous avons l’impression d’être chassés du marché. »
Renee Pater, directrice d’Amarant Bakkers
Cette affaire n’est pas isolée. Jumbo a récemment été impliqué dans des litiges avec d’autres fournisseurs, notamment Heineken, qui a intenté une action en référé contre le supermarché pour entrave à la concurrence, et JDE Peet’s, concernant le prix du café. Plus d’informations sur les précédents litiges de Jumbo (Omroep Brabant)
Le juge doit rendre son verdict dans deux semaines. L’issue de cette affaire déterminera l’avenir de Koninklijke Amarant Bakkers et soulèvera des questions sur les relations commerciales entre les grandes surfaces et leurs fournisseurs.
