Publié le 9 octobre 2025 à 08h23. La Cour européenne des droits de l’homme a condamné la Russie à verser une compensation à la veuve du caméraman Stan Storimans, tué en Géorgie en 2008, mais cette décision est perçue comme principalement symbolique par sa famille, qui regrette l’absence d’une enquête approfondie sur les circonstances de sa mort.
- La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a ordonné à la Russie de verser 10 000 euros à la veuve de Stan Storimans et au journaliste Jeroen Akkermans, témoin de l’attaque.
- Stan Storimans, caméraman pour RTL, a été tué par un obus russe lors de la guerre russo-géorgienne à Gori en 2008.
- La famille Storimans doute que la Russie paiera cette somme et déplore le manque d’investigations sur l’identification des responsables.
La décision de la CEDH, rendue mardi dernier, est accueillie avec un sentiment mitigé par Marjolein Storimans. Si elle reconnaît l’importance de cette reconnaissance juridique, elle exprime surtout son amertume face à l’absence de vérité sur les événements qui ont coûté la vie à son mari.
« Cela ne nous apporte absolument pas d’argent. J’aurais préféré qu’on nous dise : ce sont eux les auteurs. Mais la Russie n’a pas mené de contre-enquête approfondie. »
Marjolein Storimans, veuve de Stan Storimans
Le caméraman néerlandais, Stan Storimans, couvrait le conflit russo-géorgien en août 2008 lorsqu’il a été mortellement touché par un obus à fragmentation russe dans la ville de Gori. Onze civils géorgiens ont également péri dans cette attaque. La CEDH a estimé que le manque d’enquête adéquate de la part des autorités russes justifiait une compensation pour préjudice moral.
La Cour a rejeté la demande d’indemnisation pour perte de revenus déposée par la famille Storimans, estimant qu’il n’existait pas de lien de causalité direct entre la violation de la Convention européenne des droits de l’homme et cette perte financière. Cependant, elle a souligné que le défaut d’enquête constituait une violation en soi.
Marjolein Storimans et Jeroen Akkermans, qui a survécu à l’attaque, ont déposé une plainte auprès du ministère public néerlandais l’année dernière contre six soldats russes, qu’ils considèrent comme responsables de l’attaque. Déclaration de plainte contre des militaires russes. L’issue de cette procédure reste incertaine.
Pour la veuve de Stan Storimans, la quête de la vérité reste primordiale. Elle exprime son désespoir de ne pas savoir, après plus de dix-sept ans, qui a tiré l’obus qui a mis fin à la vie de son mari.
« C’est pour nous la dernière pièce du puzzle. Si quelqu’un est assassiné ici aux Pays-Bas, les enquêteurs, pour ainsi dire, ne s’endorment pas tant que l’agresseur n’a pas été arrêté. On veut une forme de réparation. Je pense que ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons tous nous reposer. »
Marjolein Storimans, veuve de Stan Storimans
Elle craint que l’espoir de connaître la vérité ne s’amenuise avec le temps.
En collaboration avec Omroep Brabant.
