Publié le 16 janvier 2026 à 07h55. Alors que l’Iran est secoué par des manifestations de grande ampleur, Israël et la République islamique se seraient entendus, via la Russie, pour éviter une escalade militaire préventive, révélant une volonté de maintenir un statu quo fragile dans une région déjà instable.
- Israël et l’Iran auraient convenu d’éviter une attaque préventive, selon des sources diplomatiques.
- Les protestations en Iran, initialement liées à la situation économique, ont évolué vers une contestation plus large du régime.
- Les craintes d’un conflit direct entre Israël et l’Iran s’accroissent, malgré les efforts de désescalade.
Selon des diplomates et des responsables régionaux cités par le Washington Post, Israël et l’Iran se sont assurés, par l’intermédiaire de la Russie, qu’ils ne s’attaqueraient pas mutuellement de manière préventive. Cette communication intervient dans un contexte de tensions exacerbées, marqué par une vague de protestations en Iran.
Les manifestations, qui ont débuté en réaction à la situation économique difficile du pays, se sont rapidement transformées en une opposition frontale au régime iranien. Les griefs des manifestants sont multiples : autoritarisme, violations des droits de l’homme, inflation galopante et pénurie d’eau. La répression des autorités iraniennes a été brutale, faisant plusieurs morts. Les estimations du nombre de victimes atteignent plus de 12 000 personnes, selon certaines sources.
Le 2 janvier, l’ancien président américain Donald Trump avait mis en garde le gouvernement iranien contre toute répression des manifestants, affirmant que les États-Unis étaient du côté des protestataires.
« Les États-Unis sont aux côtés des manifestants »
Donald Trump, ancien président américain
Bien qu’il n’ait pas précisé de méthode d’intervention, cette déclaration a suscité des réactions en Iran, qui a menacé de représailles contre des cibles américaines et israéliennes. Depuis lors, les craintes d’un conflit direct entre l’Iran et Israël, comparable à la guerre de douze jours de juin, se sont intensifiées, les deux pays signalant leur préparation à un affrontement.
Cependant, des responsables cités par le Washington Post estiment qu’Israël n’a pas intérêt à une escalade du conflit avec l’Iran. Ils attribuent cette communication à la volonté d’Israël de se concentrer sur les menaces potentielles du Hezbollah et de ne pas être perçu comme un acteur provocateur. Israël souhaiterait éviter d’apparaître comme celui qui intensifie les tensions avec l’Iran ou qui lance de nouvelles attaques contre lui.
Le Liban, qui a conclu un cessez-le-feu avec Israël en novembre 2024 après un an d’attaques de roquettes du Hezbollah sur le nord d’Israël et une incursion terrestre israélienne, s’est engagé à désarmer le Hezbollah et d’autres groupes armés situés au sud du fleuve Litani. Jeudi dernier, les Forces armées libanaises (FAL) ont affirmé avoir achevé ce processus de désarmement, une affirmation que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugée « loin d’être suffisante », soulignant les tentatives du Hezbollah de reconstruire ses infrastructures.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les forces israéliennes ont mené plusieurs frappes contre des cibles du Hezbollah au sud du Litani, invoquant la présence continue du groupe terroriste soutenu par l’Iran dans la région comme une violation de l’accord. L’Iran, qui apporte un soutien important au Hezbollah, a même lancé des missiles sur Israël en octobre 2024, en représailles à l’assassinat du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Selon les sources du Washington Post, les responsables iraniens auraient répondu favorablement à la démarche israélienne, mais avec méfiance quant aux intentions d’Israël. Ils craignent notamment que cet accord informel n’exclue pas la possibilité d’une frappe américaine contre l’Iran. Ils considèrent également qu’une absence de conflit direct avec Israël et le Hezbollah serait une situation avantageuse pour l’Iran, dont le soutien au groupe terroriste libanais aurait diminué depuis les affrontements de 2024.
