De nouvelles frappes israéliennes ont fait au moins trois morts près de Sidon, dans le sud du Liban, ravivant les tensions et mettant en péril le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 avec le Hezbollah. Ces incidents, de plus en plus fréquents, soulèvent des inquiétudes quant à une escalade du conflit.
Selon l’Agence Nationale de Presse (ANP), les victimes ont péri dans une frappe aérienne ciblant un véhicule sur la route de Quneitra, dans la région de Sidon. Le ministère libanais de la Santé a confirmé le bilan de trois décès lundi.
L’armée israélienne a reconnu avoir visé des membres du Hezbollah dans la zone de Saïda, sans fournir de détails supplémentaires. Ces frappes interviennent après un autre raid israélien dimanche, qui avait déjà causé la mort d’un membre du Hezbollah et blessé deux autres personnes.
Israël est accusé de violer régulièrement les termes du cessez-le-feu de novembre 2024, multipliant les attaques sur le territoire libanais, en particulier dans le sud. Les données compilées par l’Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED) font état de près de 1 500 frappes israéliennes entre janvier et fin novembre.
Les Nations Unies ont exprimé leur profonde préoccupation, signalant qu’au moins 127 civils ont été tués dans les attaques israéliennes contre le Liban depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé à une enquête « rapide et impartiale » sur ces incidents.
Malgré l’accord de cessez-le-feu, qui prévoit le désarmement du Hezbollah dans certaines zones du sud du Liban et le retrait des forces israéliennes, la situation sur le terrain reste tendue. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a récemment déclaré que le Liban s’apprêtait à achever le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Cependant, le Hezbollah continue de rejeter les appels à un désarmement complet, arguant que ses armes sont nécessaires pour défendre le Liban contre toute agression ou occupation israélienne. Le chef du Hezbollah a affirmé que le groupe se conformerait au cessez-le-feu en mettant fin à sa présence militaire au sud du Litani, mais conserverait ses armes dans d’autres régions du pays.
L’accord de cessez-le-feu de 2024 stipulait également que les forces israéliennes devaient se retirer complètement du sud du Liban, au sud du fleuve Litani, d’ici janvier. Or, le retrait israélien est resté partiel, avec le maintien de cinq avant-postes militaires à l’intérieur du territoire libanais.
Le Hezbollah a déclaré qu’il ne mettrait pas pleinement en œuvre ses engagements tant que les forces israéliennes resteraient déployées dans le sud du Liban. Des négociations sont en cours, supervisées par un comité, dans le but de trouver une solution. Israël et les États-Unis exercent une pression croissante sur le Hezbollah pour qu’il désarme.
Des délégations civiles et militaires israéliennes et libanaises se sont rencontrées vendredi à Naqoura pour des discussions à huis clos. Le président libanais, Joseph Aoun, a ensuite rencontré Simon Karam, le négociateur civil en chef libanais. La nomination de Karam, ancien ambassadeur du Liban aux États-Unis, a été critiquée par le Hezbollah.
« Permettre à des dizaines de milliers de civils libanais déplacés de retourner dans leurs villages et chez eux est un point d’entrée pour aborder tous les autres détails » de l’accord, a souligné le président Aoun. Une nouvelle réunion du comité est prévue le 7 janvier.
Par ailleurs, un accord diplomatique conclu à Paris entre les États-Unis, la France et l’Arabie saoudite prévoit l’organisation d’une conférence internationale début 2026 pour soutenir l’armée et les forces de sécurité intérieure libanaises.
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