Publié le 12 janvier 2024 15h15:00. La nouvelle version 3.0 de l’outil open source auto-cpufreq offre aux utilisateurs de Linux un contrôle plus précis sur la vitesse du processeur et la consommation d’énergie, avec pour objectif d’optimiser l’autonomie de la batterie des ordinateurs portables.
- auto-cpufreq 3.0 permet désormais un contrôle manuel des paramètres turbo du processeur.
- La prise en charge des systèmes multi-batteries a été améliorée, offrant une plus grande fiabilité.
- Des corrections de bugs et une meilleure compatibilité avec Wayland et NixOS sont également incluses.
Les développeurs d’auto-cpufreq ont publié la version 3.0 de leur outil, conçu pour affiner la gestion de l’énergie des processeurs sous Linux. L’objectif principal est d’optimiser l’autonomie des batteries des ordinateurs portables en ajustant dynamiquement la vitesse du processeur en fonction de l’utilisation, de la température et de l’état de la batterie. Cette nouvelle version introduit des fonctionnalités significatives pour les utilisateurs souhaitant un contrôle plus granulaire sur les performances de leur système.
La nouveauté la plus marquante est la possibilité de modifier manuellement les paramètres de “turbo boost” du processeur, via la ligne de commande ou l’interface graphique. Cette option permet aux utilisateurs de désactiver complètement le turbo boost, ou de le configurer indépendamment du système automatique, offrant ainsi un contrôle précis sur la consommation d’énergie et la production de chaleur. Par ailleurs, auto-cpufreq 3.0 améliore la gestion des systèmes équipés de plusieurs batteries, en permettant de spécifier le périphérique de batterie à surveiller, ce qui augmente la fiabilité dans des configurations complexes.
La version 3.0 apporte également son lot de corrections de bugs concernant la mise à l’échelle de la fréquence du processeur. Les valeurs utilisées pour les fréquences minimales et maximales ont été revues pour garantir une plus grande précision. L’outil utilise désormais scaling_max_freq pour définir la fréquence d’horloge maximale, offrant un contrôle plus fin. L’affichage des informations relatives à la mise à l’échelle de la fréquence a également été amélioré pour fournir des données plus claires et plus pertinentes.
Les utilisateurs de portables Asus bénéficieront d’une meilleure prise en charge des limites de niveau de batterie. auto-cpufreq peut désormais définir des limites de charge, par exemple à 80 %, ce qui contribue à prolonger la durée de vie de la batterie. Des fonctions spécifiques aux appareils Asus ont été intégrées, ainsi que des solutions de contournement pour assurer la compatibilité avec différentes configurations système.
L’interface graphique auto-cpufreq-gtk a été optimisée pour les environnements Wayland, corrigeant un bug qui affichait une icône de fenêtre incorrecte. La gestion des erreurs pour l’utilisation de pkexec, nécessaire pour les opérations nécessitant les droits root, a également été améliorée. Enfin, les utilisateurs de NixOS disposent désormais d’un exemple de configuration spécifique et de correctifs pour résoudre les problèmes liés aux “flakes” Nix et aux commandes awk manquantes.
Sous le capot, les dépendances ont été mises à jour, avec le passage d’urllib3 de la version 2.6.0 à 2.6.3, et la migration vers urwid v3 avec Poetry. La mise à jour d’urllib3 corrige des vulnérabilités de sécurité liées aux requêtes HTTP.
auto-cpufreq peut être installé sur Ubuntu et d’autres distributions via Snap : sudo snap install auto-cpufreq. Un script d’installation est également disponible sur GitHub. Il est important de noter que l’outil peut entrer en conflit avec power-profiles-daemon de GNOME, qui doit être masqué avant l’utilisation d’auto-cpufreq. Contrairement à TLP, qui offre une gestion complète de l’alimentation pour l’USB, les disques durs et le WiFi, auto-cpufreq se concentre exclusivement sur le gouverneur du processeur, les fréquences et le turbo boost.
L’outil fonctionne avec les interfaces noyau standard telles que cpufreq et ne nécessite aucune modification du noyau. Il propose trois modes d’utilisation : --monitor pour le suivi en temps réel, --live pour une utilisation temporaire et un mode démon pour une intégration permanente via systemd. Les retours d’expérience des utilisateurs suggèrent une augmentation de l’autonomie de la batterie de 20 à 30 %, bien que les résultats réels varient en fonction du matériel et des scénarios d’utilisation. En cas de forte charge, l’outil bascule automatiquement vers le gouverneur performance, garantissant ainsi des performances optimales lors des jeux ou des tâches gourmandes en ressources.
