Publié le 28 décembre 2025 10:01:00. L’année 2025 a été marquée par une intensification des catastrophes climatiques, des inondations dévastatrices en Asie à la multiplication des incendies de forêt, tandis que les négociations internationales peinaient à aboutir à des engagements contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
- La COP30 à Belém a été critiquée pour son manque d’ambition concernant la réduction des combustibles fossiles.
- Les négociations pour un traité mondial sur la pollution plastique ont échoué une nouvelle fois.
- La Cour internationale de Justice (CIJ) a reconnu la responsabilité juridique des États face aux dommages climatiques.
Les événements climatiques extrêmes se sont multipliés en 2025, mettant en évidence la vulnérabilité de nombreuses régions du monde face au réchauffement climatique. Les efforts diplomatiques pour coordonner une réponse globale se sont heurtés à des divergences d’intérêts et à des blocages politiques.
La COP30 à Belém : un compromis jugé insuffisant
La Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP30), qui s’est tenue à Belém, au Brésil, a suscité de vives critiques. Malgré les appels d’une large coalition de pays, le texte final négocié ne contenait pas d’engagement explicite à mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles. Face à la pression des principaux producteurs de pétrole et de gaz, le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a privilégié une approche de compromis, en proposant une feuille de route volontaire pour réduire la dépendance à ces énergies.
Cette initiative, qui se déroulera en dehors du processus de négociation formel de l’ONU, sera portée par une coalition de pays, dont la Colombie, qui a annoncé l’organisation en avril d’une conférence internationale sur une « transition juste loin des combustibles fossiles ». La COP30 a rassemblé plus de 56 000 participants, dont plus de 1 600 représentants des industries liées aux combustibles fossiles, soulignant l’influence de ces acteurs au sommet.
Négociations sur le plastique : l’impasse persiste
Les négociations visant à conclure un traité mondial juridiquement contraignant pour réduire la pollution plastique se sont soldées par un échec, lors de discussions à Genève, en Suisse. Les délégués de 184 pays n’ont pas réussi à s’accorder sur des points clés tels que la limitation de la production de plastique, le contrôle des produits et des substances chimiques dangereuses, et la mise en place de mécanismes financiers pour aider les pays en développement à respecter un éventuel accord.
Cette session de Genève était considérée comme la dernière étape du cinquième Comité de négociation intergouvernemental (CNI), après l’échec des pourparlers de Busan, en Corée du Sud, l’année précédente. Lancé en mars 2022 sous l’égide de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, le processus INC visait à parvenir à un traité juridiquement contraignant d’ici 2024, couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques, avec des mesures à la fois obligatoires et volontaires. L’avenir des négociations reste incertain, reflétant les tensions politiques et les intérêts divergents qui entravent une réponse mondiale à la crise du plastique.
Asie : des inondations dévastatrices liées au changement climatique
De nouvelles études d’attribution ont confirmé le rôle du changement climatique dans l’intensification des fortes pluies et des inondations extrêmes qui ont frappé l’Asie du Sud et du Sud-Est fin novembre. Deux systèmes cycloniques, Ditwah et Senyar, ont touché simultanément l’île indonésienne de Sumatra et la péninsule malaise, provoquant des pluies torrentielles, des crues soudaines et des glissements de terrain. Plus de 1 800 personnes ont perdu la vie et environ 1,2 million de personnes ont été privées d’assistance.
Les scientifiques avertissent que cette catastrophe souligne la vulnérabilité d’une région particulièrement exposée aux impacts du changement climatique. Bien que les communautés locales soient habituées aux fortes pluies de la mousson, les recherches montrent que le réchauffement climatique rend ces événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses. Sans une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre et une adaptation renforcée, de telles catastrophes pourraient se multiplier.
Trump relance l’industrie du charbon aux États-Unis
En avril, l’ancien président américain Donald Trump a signé quatre décrets visant à relancer l’industrie du charbon – considérée comme le combustible fossile le plus polluant – et à revenir sur les politiques climatiques antérieures. La Maison Blanche a justifié ces mesures par la nécessité de stimuler l’investissement et l’emploi dans le secteur du charbon, tout en renforçant la sécurité énergétique du pays. S’adressant à des mineurs de charbon, Trump a promis d’accélérer les baux pour l’exploitation du charbon sur les terres fédérales et de simplifier les procédures d’autorisation.
Ces décrets présentent le charbon comme une source d’énergie « belle, propre, abondante et rentable », capable de répondre à la demande croissante d’électricité aux États-Unis. Ils demandent également aux agences fédérales de revoir et d’abandonner les politiques jugées contraires au développement des mines de charbon et des centrales électriques au charbon. Les experts en environnement soulignent cependant que ces mesures ignorent un fait essentiel : le charbon est la principale source d’émissions de carbone parmi les combustibles fossiles, contribuant de manière significative au réchauffement climatique. De nombreux pays ont déjà engagé une transition vers des sources d’énergie plus propres, tandis que d’autres ont complètement abandonné le charbon.
Incendies de forêt : une intensification mondiale
L’année 2025 restera gravée dans les mémoires comme une année d’intensification des incendies de forêt, exacerbés par le réchauffement climatique. Des températures élevées, des vagues de chaleur prolongées et une sécheresse sévère ont transformé de nombreuses régions en véritables « poudrières ». Les scientifiques expliquent que l’accumulation de gaz à effet de serre prolonge la saison des incendies, assèche les forêts plus rapidement et renforce les vents, favorisant la propagation des flammes.
Un exemple frappant a été le vaste incendie de forêt en Californie, notamment autour de Los Angeles, qui est devenu l’un des plus coûteux jamais enregistrés. Des dizaines de milliers de maisons ont été détruites, des évacuations massives ont été ordonnées et la qualité de l’air est restée dangereuse pendant des semaines. Des incendies au Canada, dans le sud de l’Europe et en Australie ont également provoqué des panaches de fumée toxique qui se sont propagés au-delà des frontières, affectant la santé publique dans les pays voisins. L’impact des incendies de forêt en 2025 a dépassé les pertes matérielles, endommageant les écosystèmes, perturbant les économies et aggravant les perspectives climatiques mondiales. Les forêts, autrefois puits de carbone, sont devenues des sources d’émissions de gaz à effet de serre, alimentant ainsi le réchauffement climatique.
La CIJ clarifie la responsabilité juridique en matière de climat
En juillet, la Cour internationale de Justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations Unies, a rendu un avis consultatif historique sur les obligations des États en matière de changement climatique. La Cour a affirmé que les actions gouvernementales contribuant au réchauffement climatique peuvent constituer un acte internationalement illicite et que les États ont le devoir, en vertu du droit international, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de prévenir de nouveaux dommages.
En cas de dommages causés, l’avis indique que les États pourraient être tenus de fournir des réparations aux pays et aux communautés touchés. Le président de la CIJ, Yuji Iwasawa, a déclaré que les preuves scientifiques démontrent sans équivoque que les émissions de gaz à effet de serre sont d’origine humaine et ont des impacts graves et généralisés sur les écosystèmes et les populations du monde entier. La Cour a qualifié la crise climatique de menace existentielle à l’échelle planétaire et a souligné que les actes et les omissions des États peuvent être examinés pour déterminer leur responsabilité. Les experts en droit de l’environnement estiment que cet avis pourrait marquer un tournant dans les litiges climatiques à l’échelle mondiale, renforçant les arguments juridiques des pays vulnérables et des communautés affectées pour demander des comptes aux gouvernements et aux principaux pollueurs.
