Publié le 24 septembre 2025. Une étude de l’université Stanford alerte sur une augmentation dramatique du nombre de décès liés à la fumée des incendies de forêt aux États-Unis, qui pourrait dépasser les 70 000 par an d’ici 2050, en raison du changement climatique.
- D’ici 2050, l’exposition à la fumée des incendies de forêt pourrait causer jusqu’à 70 000 décès annuels aux États-Unis.
- Cette estimation tient compte de l’exposition aux particules fines (PM2,5) présentes dans la fumée.
- Les modèles climatiques actuels sous-estiment l’impact de la fumée des incendies sur la mortalité.
Les conséquences des incendies de forêt sur la santé publique sont bien plus importantes qu’on ne le pensait, selon une recherche menée par la Stanford Doerr School of Sustainability. L’étude, publiée le 24 septembre 2025 dans la revue Nature, révèle que l’exposition à la fumée contenant des particules fines (PM2,5) pourrait entraîner une hausse significative du nombre de décès, dépassant les 40 000 décès annuels enregistrés entre 2011 et 2020.
Les chercheurs ont analysé les données de mortalité aux États-Unis entre 2006 et 2019, en les corrélant avec les concentrations de PM2,5 issues des incendies de forêt, les conditions météorologiques et la dispersion atmosphérique des particules. Ils ont également utilisé l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique pour anticiper l’évolution des émissions d’incendies et leur impact sur la qualité de l’air.
L’étude prévoit que l’exposition à la fumée pourrait augmenter de plus de 70 pour cent, atteignant jusqu’à 70 000 décès par an. Les États de Californie (avec 5 060 décès supplémentaires), de New York (1 810), de Washington (1 730), du Texas (1 700) et de Pennsylvanie (1 600) seraient particulièrement touchés.
Même si les températures mondiales étaient maintenues en dessous de 2 degrés Celsius d’ici la fin du siècle, le nombre de décès liés à la fumée des incendies de forêt dépasserait toujours les 60 000 par an d’ici 2050, soulignent les chercheurs.
« Notre compréhension des personnes vulnérables à cette exposition est beaucoup plus large que nous le pensions. »
Marshall Burke, professeur de sciences sociales et environnementales à la Stanford Doerr School of Sustainability
Minghao Qiu, professeur adjoint à l’Université de Stony Brook, critique le manque de prise en compte de l’impact de la fumée des incendies dans les modèles climatiques utilisés pour la politique publique. Il compare cette omission à l’absence du personnage principal dans un film, soulignant l’importance cruciale de cet élément.
« C’est comme laisser le personnage principal en dehors d’un film. »
Minghao Qiu, professeur adjoint à l’Université de Stony Brook
Les résultats de cette étude mettent en évidence la nécessité d’intégrer l’impact de la fumée des incendies de forêt dans les stratégies d’adaptation au changement climatique et de protection de la santé publique. Plus d’informations sur le site de Stanford.
Lien vers l’article original dans Nature.
Cinq conseils pour se protéger de l’exposition à la fumée des incendies de forêt.
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