Publié le 14 janvier 2026 à 13h50. L’Iran fait face à une vague de protestations sans précédent, réprimée avec violence par le régime. Face à cette situation, Washington menace Téhéran de sanctions sévères, voire d’une intervention, tandis que le chef du pouvoir judiciaire iranien appelle à une répression rapide des manifestants.
- Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a exigé une action rapide contre les personnes arrêtées lors des manifestations.
- Donald Trump a averti que les États-Unis pourraient prendre des « mesures très énergiques » si Téhéran exécute des manifestants.
- Les manifestations, qui ont débuté fin décembre, sont les plus graves troubles anti-régime depuis la révolution islamique de 1979.
La tension monte d’un cran au Moyen-Orient alors que l’Iran est secoué par des semaines de contestation sociale. Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a déclaré mercredi que le régime devait agir sans délai pour « punir » les personnes détenues lors des manifestations qui balayent le pays. Dans une vidéo diffusée par l’agence de presse Tasnim, proche des Gardiens de la Révolution, il a souligné l’urgence de la situation :
« Si nous voulons faire quelque chose, nous devons le faire rapidement, le faire au bon moment. Si un travail arrive en retard, il est possible que quelque chose que nous pourrions faire aujourd’hui, le faire dans deux mois, n’ait pas le même effet. »
Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, chef du pouvoir judiciaire iranien
Il a particulièrement visé ceux qu’il accuse d’actes de violence extrême, évoquant des cas de « décapitation » et d’« incendie criminel » pour justifier une répression sévère. Ces accusations interviennent alors que le régime tente de qualifier certains manifestants de « terroristes » afin de légitimer sa réponse.
L’avertissement de M. Mohseni-Ejei fait écho aux menaces formulées par l’ancien président américain Donald Trump. Mardi, il a mis en garde contre de potentielles exécutions de manifestants, promettant des représailles américaines.
« S’ils les pendent, vous allez voir certaines choses. Nous prendrons des mesures très énergiques s’ils font une telle chose. »
Donald Trump, ancien président américain
Il a également appelé les dirigeants iraniens à faire preuve de « humanité » dans leur gestion de la crise.
Des organisations de défense des droits de l’homme estiment que des milliers de personnes ont été tuées depuis le début des manifestations fin décembre, un chiffre confirmé par un responsable occidental qui évoque une fourchette de 4 000 à 5 000 morts. Les autorités iraniennes ont reconnu des préoccupations légitimes chez les manifestants, mais ont également dénoncé des actes de violence et de terrorisme.
Selon le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi, cité par l’agence de presse Mehr, la situation a dégénéré en « guerre civile totale » après le 8 janvier. Il a affirmé que toute personne arrêtée après cette date est considérée comme un criminel et ne bénéficiera d’aucune clémence.
« Quiconque a été arrêté à ce moment-là est définitivement un criminel. »
Amin Hossein Rahimi, ministre de la Justice iranien
Les manifestations ont débuté en réaction à la crise économique et à la mauvaise gestion du pays, mais ont rapidement évolué vers une contestation plus large du régime théocratique. Des personnes de tous horizons sociaux ont rejoint les appels au renversement du pouvoir en place. Si certaines manifestations sont restées pacifiques, d’autres ont été marquées par des affrontements avec les forces de sécurité, qui ont utilisé la force pour disperser les foules, selon des témoignages recueillis par le Financial Times.
Donald Trump a également laissé entendre que des actions américaines étaient imminentes, publiant sur sa plateforme Truth Social que « L’AIDE EST EN CHEMIN » et encourageant les manifestants à « prendre le contrôle de vos institutions ». Ses déclarations interviennent alors que des informations sur la répression gouvernementale commencent à émerger, après que les autorités ont imposé une coupure d’Internet pendant plusieurs jours.
Des habitants ont partagé des récits de bâtiments publics incendiés, de mosquées et de commissariats de police attaqués. Le chef d’état-major des forces armées iraniennes, Abdolrahim Mousavi, a dénoncé un niveau de destruction sans précédent, imputant les dégâts à des « terroristes entraînés sur le terrain » et à de la « violence nue ».
M. Trump a affirmé rechercher des « chiffres précis » sur le nombre de victimes, tout en reconnaissant que des frappes aériennes américaines pourraient ne pas suffire à protéger les manifestants. Il a également suggéré que les frappes aériennes américaines et israéliennes de juin avaient affaibli l’Iran, limitant sa capacité de riposte. Majid Mousavi, commandant de l’armée de l’air iranienne, a quant à lui assuré que la capacité défensive aérospatiale du pays était « au maximum de sa capacité défensive et est prête à faire face à toute agression ».
Les efforts de Washington pour soutenir les manifestants iraniens, y compris par une éventuelle intervention militaire, pourraient déstabiliser davantage le Moyen-Orient. M. Trump a annoncé avoir annulé toutes les réunions avec les responsables iraniens jusqu’à ce que la « répression insensée » des manifestants cesse.
