Home MondeLes manifestants iraniens parlent de la réaction brutale de la police alors que le régime se déchaîne – The Irish Times

Les manifestants iraniens parlent de la réaction brutale de la police alors que le régime se déchaîne – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 11 janvier 2026 à 08h00. Les manifestations antigouvernementales secouent l’Iran depuis plusieurs jours, malgré une répression croissante des autorités et une coupure quasi-totale d’Internet visant à isoler le pays du reste du monde.

  • Plus de 570 manifestations ont été répertoriées dans les 31 provinces iraniennes.
  • Des manifestants scandent des slogans antigouvernementaux, notamment « Mort à Khamenei » et des appels au retour de la monarchie.
  • L’ancien président américain Donald Trump a menacé d’intervenir, suscitant des réactions virulentes de Téhéran.

Les protestations, initialement déclenchées par la détérioration de la situation économique, ont rapidement pris une dimension politique, avec des appels à des réformes fondamentales et à la fin du régime islamique. Les forces de l’ordre ont réprimé les manifestations avec une violence croissante, entraînant des arrestations massives et, selon des sources non confirmées, un nombre important de victimes.

Samedi soir, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment à Téhéran et à Machhad, la ville natale du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Des vidéos diffusées en ligne montrent des manifestants tirant des feux d’artifice et scandant des slogans en faveur de la famille Pahlavi, renversée lors de la révolution islamique de 1979. Des affrontements avec les forces de sécurité ont été signalés, et des témoignages évoquent l’utilisation de balles réelles contre les manifestants.

L’agence de presse américaine Human Rights Activists News a rapporté que plus de 570 manifestations ont éclaté dans les 31 provinces iraniennes. Le procureur général du pays, Mohammad Mahvadi Azad, a averti que quiconque participerait aux manifestations serait considéré comme un « ennemi de Dieu », une accusation passible de la peine de mort. La télévision d’État a également prévenu que toute aide apportée aux manifestants serait passible de poursuites.

Donald Trump a réagi aux événements en menaçant d’intervenir si les autorités iraniennes tuaient des manifestants. Il a déclaré que les autorités iraniennes étaient « en grande difficulté » et a averti :

« Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer, car nous commencerons à tirer aussi. »

Donald Trump, ancien président américain

Il a également affirmé que les États-Unis étaient « prêts à aider » les manifestants.

« L’Iran regarde vers la LIBERTÉ, peut-être comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à aider !!! »

Donald Trump, via son compte Truth Social

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a averti que l’armée américaine et Israël seraient des « cibles légitimes » si les États-Unis intervenaient militairement en Iran. Il a prononcé cette menace devant des législateurs criant « Mort à l’Amérique ! »

Malgré la coupure d’Internet et des réseaux mobiles, des militants ont réussi à contourner la censure grâce au système satellite Starlink et continuent de diffuser des informations sur la situation sur le terrain. Un manifestant à Téhéran a déclaré au Guardian, via des messages texte sporadiques :

« Nous défendons une révolution, mais nous avons besoin d’aide. Des tireurs d’élite sont postés derrière la zone de Tajrish Arg. [un quartier aisé de Téhéran]. »

Manifestant à Téhéran, via Starlink

Il a également affirmé avoir vu « des centaines de corps » dans les rues de la ville.

Shirin Ebadi, lauréate iranienne du prix Nobel de la paix, a mis en garde contre le risque d’un « massacre » sous couvert de la panne des communications et a fait état de centaines de personnes soignées pour des blessures aux yeux dans un seul hôpital de Téhéran.

Reza Pahlavi, le fils en exil de l’ancien shah d’Iran, a appelé les manifestants à prendre le contrôle de leurs villes et a promis de retourner bientôt en Iran. Il a également demandé aux manifestants d’arborer le drapeau « lion et soleil » utilisé sous le règne de son père.

Les autorités iraniennes ont tenté de minimiser l’ampleur des manifestations, les qualifiant de « petites aberrations » et accusant des « saboteurs » soutenus par des puissances étrangères de chercher à déstabiliser le pays. L’agence de presse Fars, proche des services de sécurité iraniens, a diffusé des vidéos de ce qui semble être des aveux forcés de manifestants, une pratique dénoncée par les organisations de défense des droits humains.

La communauté internationale s’est mobilisée en faveur des manifestants, les États de l’UE et les États-Unis exprimant leur soutien. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a déclaré sur X :

« Les États-Unis soutiennent le courageux peuple iranien. »

Marco Rubio, secrétaire d’État américain

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