La NWSL (National Women’s Soccer League) va considérablement modifier ses règles financières à partir de 2026 pour attirer et retenir les meilleures joueuses, face à une concurrence accrue des clubs européens. Une nouvelle disposition, surnommée la règle du « Joueur à fort impact », permettra aux équipes de dépasser le plafond salarial existant pour signer des stars.
Dès 2026, chaque équipe pourra dépenser un million de dollars supplémentaires (environ 920 000 euros) au-delà du plafond salarial actuel, qui atteindra 3,5 millions de dollars (environ 3,2 millions d’euros) cette année-là et 5,1 millions de dollars (environ 4,7 millions d’euros) en 2030. Ces fonds supplémentaires pourront être alloués au salaire d’une seule joueuse ou répartis entre plusieurs contrats. La ligue précise que les équipes pourront commencer à négocier avec des joueuses en utilisant cette nouvelle règle dès le 1er juillet, même si les contrats prendront effet plus tard.
Pour être éligible à cette exception salariale, une joueuse devra répondre à l’un des critères suivants : figurer parmi les 150 athlètes les plus commercialisables selon SportsPro Media, être dans le top 30 des votes pour le Ballon d’Or lors des deux années précédentes, se classer dans le top 40 du Guardian Top 100 des footballeuses, intégrer le top 40 du classement ESPN FC, avoir joué un temps significatif avec l’équipe nationale américaine (USWNT) – au moins les 11 meilleures minutes pour les joueuses de champ ou l’intégralité des matchs pour les gardiennes – ou avoir été finaliste au titre de MVP de la NWSL ou sélectionnée dans l’équipe type de fin de saison.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions autour des contrats de joueuses vedettes, notamment celui de Trinity Rodman, attaquante de l’équipe nationale américaine, dont le contrat avec le Washington Spirit vient à expiration. La ligue avait bloqué un accord potentiellement supérieur à un million de dollars par an, estimant qu’il violait l’esprit des règles en vigueur.
La commissaire de la NWSL, Jessica Berman, avait déclaré que la ligue « se battrait » pour conserver Rodman et d’autres joueuses de premier plan, face à l’attrait croissant des clubs européens, qui proposent désormais des salaires et des indemnités de transfert en forte hausse. En 2023, sept des huit transferts les plus coûteux de l’histoire du football féminin ont été réalisés, dont celui de Lizbeth Ovalle à Orlando Pride pour 1,5 million de dollars (environ 1,4 million d’euros).
Cependant, cette nouvelle règle a suscité des critiques de la part de l’Association des joueuses de la NWSL (NWSLPA), qui la juge contraire au droit fédéral du travail. « L’Association des joueuses de la NWSL s’oppose à la décision de la Ligue d’aller de l’avant sans négocier sur la règle des joueurs à fort impact », a déclaré l’association dans un communiqué. « En vertu du droit fédéral du travail, les modifications de la rémunération en vertu du plafond salarial sont un sujet obligatoire de négociation. »
La NWSLPA propose une alternative : augmenter le plafond salarial global des équipes plutôt que de créer une exception pour les joueuses vedettes. Meghann Burke, directrice exécutive de l’association, a annoncé que des recours juridiques seraient envisagés. « La NWSL est informée que la NWSLPA prendra les mesures appropriées pour faire respecter les termes de la convention collective », a-t-elle déclaré.
Par ailleurs, la NWSLPA a déposé un grief contre la ligue concernant le refus initial d’un contrat proposé par le Washington Spirit à Trinity Rodman, estimant qu’il respectait les règles en vigueur. La ligue et l’association ont convenu de prolonger le délai de réponse à ce grief en raison des fêtes de fin d’année.
