Publié le 27 décembre 2025. Des chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas ont identifié une vulnérabilité thérapeutique spécifique chez les patientes atteintes d’une forme agressive de cancer du sein triple négatif, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de traitement ciblées.
- Une étude révèle qu’une combinaison d’inhibiteurs ciblant les protéines ATR et PKMYT1 peut induire la mort des cellules cancéreuses du sein déficientes en Rb1.
- La perte du gène Rb1, bien qu’entraînant une résistance à certains traitements, rend paradoxalement les cellules tumorales plus sensibles à cette double inhibition.
- Plusieurs inhibiteurs d’ATR et de PKMYT1 sont déjà en cours d’évaluation clinique, avec des essais prometteurs en cours.
Une nouvelle étude, publiée dans la revue Médecine translationnelle scientifique, met en lumière une approche thérapeutique potentielle pour lutter contre un sous-type particulièrement agressif de cancer du sein triple négatif. L’équipe du professeur Khandan Keyomarsi, du MD Anderson Cancer Center, a découvert qu’une combinaison spécifique de médicaments pouvait s’avérer efficace contre les tumeurs présentant une déficience du gène Rb1.
Les recherches ont démontré que l’inhibition simultanée des protéines ATR et PKMYT1 déclenche un processus de mort cellulaire dans les modèles de cancer du sein caractérisés par une absence de Rb1. Rb1 joue un rôle crucial dans la régulation de la division cellulaire et le maintien de l’intégrité du génome. Sa perte entraîne une accumulation rapide d’erreurs dans l’ADN et favorise le développement de tumeurs.
Paradoxalement, cette même déficience en Rb1 rend les cellules cancéreuses vulnérables à l’inhibition de l’ATR et de la PKMYT1. Selon le professeur Keyomarsi :
« Il s’agit d’une découverte révolutionnaire. Les tumeurs déficientes en Rb1 ne répondent pas aux inhibiteurs de CDK4/6 car elles dépendent de Rb1 pour réguler la division cellulaire. Mais ce même déficit les rend vulnérables à l’inhibition de l’ATR et de la PKMYT1. Nous pouvons désormais identifier les patients qui pourraient bénéficier d’une stratégie thérapeutique totalement différente. »
Khandan Keyomarsi, professeur de radio-oncologie expérimentale
En bloquant les voies de réparation de l’ADN dépendantes de l’ATR et de la PKMYT1, les chercheurs ont observé un affaiblissement de la capacité des cellules cancéreuses à corriger les erreurs génétiques, conduisant à des dommages irréversibles, à l’apoptose (mort cellulaire programmée), et à un ralentissement de la croissance tumorale dans les modèles précliniques.
Ce phénomène, connu sous le nom de létalité synthétique, exploite le fait que les cellules cancéreuses, en raison de leur instabilité génétique accrue, deviennent particulièrement sensibles à l’inhibition des mécanismes de réparation de l’ADN. L’étude suggère également que le déficit en Rb1 pourrait prédire la sensibilité à d’autres thérapies endommageant l’ADN, telles que la chimiothérapie et la radiothérapie.
Plusieurs inhibiteurs d’ATR et de PKMYT1 sont déjà en cours d’évaluation dans le cadre d’essais cliniques, dont l’essai de phase I MYTHIC, mené par les chercheurs de MD Anderson, qui teste la combinaison pour certaines mutations dans des tumeurs solides. Les biomarqueurs pourraient permettre d’identifier les patientes les plus susceptibles de bénéficier de cette double inhibition.
Les prochaines étapes consisteront à affiner les stratégies de sélection des patientes et à intégrer le statut Rb1 dans la prise de décision clinique afin de personnaliser les plans de traitement et d’améliorer les résultats pour les femmes atteintes de ce type de cancer du sein agressif.
Source:
Centre de lutte contre le cancer MD Anderson de l’Université du Texas
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