Publié le 24 septembre 2025. Des chercheurs japonais ont identifié une protéine clé qui régule la production de plaquettes sanguines à partir de cellules souches, ouvrant la voie à une fabrication plus fiable et à grande échelle de ces cellules vitales pour les patients nécessitant des transfusions.
- La production de plaquettes à partir de cellules souches pourrait pallier les pénuries de dons et les risques de rejet immunitaire.
- L’étude met en évidence le rôle crucial de la protéine KAT7 dans la multiplication et la fonctionnalité des cellules productrices de plaquettes, les mégacaryocytes.
- Le contrôle des niveaux de KAT7 pourrait devenir un outil de contrôle qualité pour la production clinique de plaquettes.
Les transfusions de plaquettes sont souvent indispensables pour les patients souffrant de traumatismes graves, de maladies de la moelle osseuse, de leucémies ou de septicémies. Cependant, l’approvisionnement en plaquettes est régulièrement mis à rude épreuve par la dépendance aux dons de sang, la courte durée de conservation des plaquettes purifiées et le risque de réactions immunitaires liées à l’incompatibilité entre le donneur et le receveur.
Une équipe du Centre de recherche et d’application sur les cellules iPS de l’Université de Kyoto, au Japon, dirigée par Koji Eto, a exploré une alternative prometteuse : la production de plaquettes à partir de cellules souches. Les chercheurs ont réussi à créer des cellules souches pluripotentes induites (iPSC) à partir de cellules du sang périphérique, puis à les différencier en mégacaryocytes, les cellules chargées de produire les plaquettes. Cette approche permettrait de générer des plaquettes compatibles avec le patient, éliminant ainsi le risque de rejet.
Si cette stratégie offre un potentiel d’approvisionnement illimité, sa mise en œuvre à grande échelle se heurte à des défis. L’efficacité de la production de plaquettes varie d’un patient à l’autre, et la productivité des mégacaryocytes tend à diminuer avec le temps. C’est dans ce contexte que l’équipe d’Eto a cherché à identifier les facteurs clés régulant la production de plaquettes.
Leurs travaux, publiés dans la revue Stem Cell Reports, révèlent que la croissance des mégacaryocytes et leur capacité à produire des plaquettes sont directement liées à la protéine KAT7, qu’ils décrivent comme un « interrupteur moléculaire ». Les mégacaryocytes riches en KAT7 se multiplient rapidement et génèrent de grandes quantités de plaquettes. À l’inverse, lorsque les niveaux de KAT7 sont faibles, les mégacaryocytes cessent de se diviser, accumulent des dommages à leur ADN et produisent davantage de protéines inflammatoires, tout en réduisant leur production de plaquettes.
Cette découverte souligne l’importance de maintenir des niveaux élevés de KAT7 dans les mégacaryocytes dérivés de cellules souches pour assurer une production constante de plaquettes. Selon les chercheurs, la surveillance des niveaux de KAT7 pourrait devenir un outil précieux pour le contrôle qualité lors de la production clinique de plaquettes, garantissant ainsi une fabrication efficace et homogène pour tous les patients.
Source:
Référence du journal :
Qiu, W.-Y., et al. (2025). Aging-dependent reduction in KAT7/HBO1 activity impairs imMKCL-based platelet production by promoting immunogenic properties. Stem Cell Reports. doi: 10.1016/j.stemcr.2025.102714. https://www.cell.com/stem-cell-reports/fulltext/S2213-6711(25)00318-2
