Publié le 29 novembre 2025 20:50:00. Après des années de croissance fulgurante, l’industrie éolienne en Europe montre des signes de ralentissement inquiétants, avec des appels d’offres pour de nouveaux parcs éoliens offshore qui restent sans suite. Ce revirement inattendu met en lumière des difficultés d’approvisionnement et des contraintes économiques qui menacent les objectifs de transition énergétique.
- Les appels d’offres récents pour des parcs éoliens offshore aux Pays-Bas n’ont reçu aucune offre.
- Des fabricants comme Vestas et Nordex avaient enregistré des carnets de commandes records en 2024, atteignant jusqu’à 60 milliards d’euros.
- Le principal frein au développement des parcs éoliens n’est plus le financement, mais la disponibilité des navires d’installation et des équipements.
L’énergie éolienne a connu un essor considérable ces dernières années, notamment en Europe et en Chine, qui ont affiché des taux de développement similaires en termes de capacité installée par rapport à leur population. Les annonces de nouveaux projets, en particulier en mer, se sont multipliées, et les entreprises ayant remporté les appels d’offres se sont lancées dans des négociations avec les fournisseurs de turbines, de câbles haute tension continue (HVDC), de navires d’installation, de transformateurs géants (de l’ordre du gigawatt) et de services d’installation spécialisés.
Jusqu’en 2024, le principal obstacle à une accélération du déploiement des parcs éoliens n’était pas le manque de capitaux, mais les délais d’attente considérables pour les navires capables d’installer les turbines, les transformateurs et les éoliennes elles-mêmes. En mars 2024, Vestas, le leader mondial de la fabrication d’éoliennes, annonçait un carnet de commandes s’élevant à 60 milliards d’euros pour les années à venir. En octobre 2024, même des acteurs européens plus modestes, comme Nordex, faisaient état de niveaux de commandes record.
L’année 2025 marque cependant un tournant. L’échec retentissant des appels d’offres néerlandais pour des parcs éoliens offshore, où aucune entreprise n’a présenté d’offre, est un signal d’alarme majeur. Il indique que les conditions du marché ont radicalement changé et que le modèle économique actuel est remis en question. Les raisons de ce désintérêt restent à analyser, mais elles pourraient être liées à une augmentation des coûts, à des difficultés d’approvisionnement persistantes ou à une incertitude accrue concernant la rentabilité des projets.
Les conséquences de ce ralentissement pourraient être significatives pour les objectifs de transition énergétique en Europe. Il est probable que les gouvernements devront revoir leurs politiques et mettre en place des mesures incitatives pour relancer l’investissement dans l’éolien en mer et garantir la sécurité énergétique du continent.
