Publié le 15 octobre 2025 17:04:00. La justice péruvienne a rejeté l’une des deux demandes visant à empêcher l’ancienne présidente Dina Boluarte de quitter le pays, dans le cadre d’enquêtes pour blanchiment d’argent et financement illégal de campagne. Cette décision intervient après une audience tenue ce mercredi à Lima.
- Le juge Fernando Valdez a estimé que les sommes impliquées dans les accusations de blanchiment d’argent étaient trop faibles pour justifier une interdiction de sortie du territoire.
- Le parquet a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
- Deux demandes d’interdiction de sortie du territoire avaient été déposées contre Dina Boluarte, l’une pour blanchiment d’argent et l’autre pour des nominations contestées au sein d’EsSalud.
Le juge Fernando Valdez, du Deuxième Tribunal d’Instruction Préparatoire, a rendu sa décision après avoir examiné les arguments du ministère public et de la défense de Dina Boluarte, représentée par son avocat Juan Carlos Portugal. L’ancienne présidente n’était pas présente à l’audience.
Dans sa résolution, le juge Valdez a jugé que la demande visant à empêcher Dina Boluarte de quitter le Pérou était « infondée » et a ordonné son classement. Il a souligné que les accusations de crime organisé ne pouvaient être retenues en l’absence d’un nombre suffisant de membres présumés et que les sommes en jeu, estimées à 15 soles péruviennes (environ 3,50 €), étaient « dérisoires ».
Selon le magistrat, il n’existait aucun risque de fuite ou de nécessité de proportionnalité justifiant une restriction de la liberté de mouvement de l’ancienne présidente.
Le parquet a immédiatement annoncé qu’il contesterait cette décision devant les instances supérieures.
Les deux demandes d’interdiction de sortie du territoire avaient été déposées le 10 octobre, quelques heures après l’approbation de la destitution de Dina Boluarte par le Congrès et l’investiture de José Jerí. La première demande, émanant du parquet spécialisé dans les délits de blanchiment d’argent, visait à interdire à l’ancienne présidente de quitter le pays pendant 36 mois. Elle se fondait sur des accusations de réception de contributions illicites à sa campagne électorale en tant que vice-présidente et de paiements à l’ancien dirigeant Vladimir Cerrón.
La seconde demande, formulée par le procureur général par intérim, Tomás Gálvez, concernait des nominations controversées au sein de l’institution de sécurité sociale EsSalud et proposait une interdiction de sortie du territoire de 18 mois.
