Publié le 18 janvier 2026 14:56:00. Un jeune étudiant irlandais a plaidé coupable devant le tribunal de district de Bandon pour avoir involontairement facilité une fraude par SMS en prêtant son compte Revolut à un inconnu. L’affaire met en lumière la vulnérabilité des services de paiement en ligne face aux arnaques et les conséquences pour ceux qui, sans malveillance, se laissent piéger.
- Emmanuel Okoye, 22 ans, a reconnu avoir commis une infraction relevant de la loi de 2001 sur la justice pénale (vol et fraude).
- Il a mis à disposition son compte Revolut suite à une proposition alléchante d’un inconnu rencontré à l’université.
- Une femme a été victime d’une arnaque par SMS et a perdu 4 600 € (environ 4 300 €) qui ont été versés sur le compte d’Okoye.
Le sergent Tom Mulcahy a expliqué au tribunal que la victime avait signalé une fraude en mars 2024 après avoir reçu un SMS frauduleux se faisant passer pour An Post, le service postal irlandais. En cliquant sur le lien contenu dans le message, elle a été contactée par un faux conseiller bancaire de Permanent TSB qui l’a manipulée pour qu’elle divulgue ses informations personnelles. Résultat : deux transactions frauduleuses, d’un montant de 2 300 € chacune, ont vidé son compte. Sa banque a remboursé la victime et a ensuite alerté la Gardai, la police irlandaise.
L’enquête a rapidement conduit à Emmanuel Okoye, étudiant en développement de logiciels à l’Université technologique de l’Atlantique à Galway. Interrogé, il a déclaré avoir partagé ses identifiants Revolut avec un individu qui lui avait proposé 1 000 € (environ 900 €) en échange de l’utilisation de son compte “pendant quelques jours”, à condition qu’il n’y accède pas pendant cette période. Il n’a jamais reçu la somme promise et se retrouve désormais responsable du remboursement des 4 600 € prélevés frauduleusement.
Me Myra Dinneen, l’avocate de la défense, a plaidé la naïveté de son client.
« Il n’a rien gagné. Il a été l’idiot, le naïf dans toute cette affaire. »
Me Myra Dinneen, avocate de la défense
Elle a précisé qu’Okoye, contraint de jongler entre ses études et un emploi nocturne dans une usine pharmaceutique, était dans une situation financière précaire et ne bénéficiait d’aucune aide de ses parents ou de l’État.
La juge Joanne Carroll a toutefois exprimé son scepticisme.
« Il savait parfaitement que donner accès à son compte à quelqu’un d’autre relevait d’une activité criminelle. »
Juge Joanne Carroll
Elle a souligné la gravité de l’infraction, soulignant qu’Okoye avait potentiellement facilité la fraude envers un nombre indéterminé de victimes. Elle a ajouté :
« Soit vous avez un prix, soit vous n’en avez pas, et cet homme avait un prix. »
Juge Joanne Carroll
La juge a accepté d’ordonner un rapport de probation avant de prononcer la sentence, compte tenu de la jeunesse d’Okoye et de l’absence d’antécédents judiciaires. L’affaire a été ajournée au 5 mars 2026 pour permettre la finalisation de ce rapport.
