Bangkok – La fille de la figure politique thaïlandaise Khunying Sudarat Keyuraphan, Yossuda Leelapanyalert, envisage des poursuites judiciaires contre l’acteur et chanteur Pakorn Lam après des propos jugés inappropriés tenus en ligne à son égard. L’affaire intervient alors qu’une nouvelle loi visant à lutter contre le harcèlement sexuel est entrée en vigueur en Thaïlande cette semaine.
Khunying Sudarat, candidate du parti Thai Sang Thai pour le poste de Premier ministre lors des élections générales du 8 février, a exprimé son indignation sur Facebook : « Je dois me lever pour protéger ma fille et toutes les femmes à tout prix. » Elle a ajouté que « toute forme de harcèlement sexuel est inacceptable dans la société thaïlandaise et les coupables doivent assumer leur responsabilité, tant sur le plan social que juridique. »
Yossuda Leelapanyalert, 26 ans, s’est récemment engagée en politique en tant que militante pour le parti fondé par sa mère. Elle a accompagné Khunying Sudarat lors de plusieurs événements de campagne, mais c’est la première fois qu’elle occupe un rôle politique officiel.
L’incident a débuté lorsqu’un ami de Pakorn Lam a partagé une photographie de Mme Leelapanyalert sur sa page Facebook. L’acteur a alors répondu par un commentaire considéré comme offensant. Pakorn Lam s’est par la suite excusé, invoquant un état d’ébriété dû à une fête du Nouvel An. Il a affirmé avoir également contacté Khunying Sudarat pour présenter ses excuses, déclarant qu’il ne connaissait pas l’identité de la femme sur la photo et qu’il respectait toutes les femmes.
Mme Leelapanyalert a elle-même réagi sur Instagram, condamnant les commentaires dénigrants envers les femmes et leur dignité : « Toutes les formes de communication contenant des violations et du harcèlement sexuel ne doivent pas être considérées comme normales dans la société. »
Selon des sources au sein du parti Thai Sang Thai, Mme Leelapanyalert prépare un dépôt de plainte en vertu du nouvel article du Code pénal thaïlandais concernant le harcèlement sexuel, ainsi que de la loi sur la criminalité informatique. L’avocat Nititorn Kaewto a précisé sur son compte Facebook que le Code pénal a été modifié pour renforcer la protection des femmes contre le harcèlement sexuel. La nouvelle loi, entrée en vigueur lundi, qualifie désormais le harcèlement sexuel verbal, comportemental et en ligne de délit pénal, passible d’une peine de prison de un à cinq ans.
Le cabinet d’avocats LEXun, basé à Bangkok, a souligné sur son site internet que cette loi reflète « la position ferme du gouvernement contre toutes les formes de harcèlement sexuel et son intention de créer une société plus sûre et plus respectueuse. »
