Publié le 26 octobre 2023 14:35:00. Face à une crise mondiale de l’obésité, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ses premières recommandations concernant l’utilisation de nouveaux médicaments, comme l’Ozempic et le Mounjaro, tout en soulignant la nécessité d’une approche globale et de politiques publiques ambitieuses.
- L’OMS estime que plus d’un milliard de personnes dans le monde sont actuellement obèses, un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2030.
- Les thérapies GLP-1, initialement développées pour le traitement du diabète, se sont révélées efficaces pour la perte de poids, mais ne constituent pas une solution unique.
- L’accès à ces médicaments, coûteux, pourrait creuser les inégalités en matière de santé.
L’obésité est devenue un problème de santé publique majeur à l’échelle mondiale. Selon l’OMS, plus d’un milliard de personnes y sont confrontées, et ce nombre devrait atteindre deux milliards d’ici 2030. L’organisation a récemment publié ses premières lignes directrices sur l’utilisation des injections amaigrissantes, communément appelées « skinny jabs », qui suscitent l’espoir chez de nombreux patients.
Ces médicaments, appartenant à la classe des thérapies GLP-1 (agonistes du récepteur du glucagon de type 1), ont initialement été conçus pour traiter le diabète de type 2. Il a été constaté qu’ils entraînent également une perte de poids significative. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a déclaré :
« Ces nouveaux médicaments constituent un outil clinique puissant qui donne de l’espoir à des millions de personnes. »
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS
Toutefois, il a immédiatement ajouté :
« Mais soyons clairs : les médicaments à eux seuls ne résoudront pas la crise de l’obésité. L’obésité est une maladie complexe qui nécessite des soins complets tout au long de la vie. »
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS
L’OMS insiste sur le fait que ces traitements doivent s’accompagner d’une alimentation saine et d’une activité physique régulière. Elle souligne également la nécessité de créer des environnements plus favorables à la santé, afin de prévenir l’obésité dès le départ. L’organisation recommande que l’accès à ces thérapies soit rapide pour les personnes présentant un risque élevé d’obésité, et qu’elles bénéficient d’un suivi médical à long terme.
Des données supplémentaires sont nécessaires pour évaluer la sécurité et l’efficacité de ces médicaments sur le long terme, ainsi que les conséquences de leur arrêt. L’OMS exprime également des préoccupations quant au coût de ces traitements, qui pourrait limiter leur accès aux populations les plus vulnérables. Elle suggère d’explorer des solutions telles que les achats groupés, la tarification différenciée et les licences volontaires pour rendre ces médicaments plus abordables.
En Irlande, le Saxenda est déjà remboursé pour la perte de poids, mais l’Ozempic ne l’est actuellement que pour le traitement du diabète. Son coût peut atteindre environ 150 € par mois pour une utilisation dans le cadre d’un régime amaigrissant. Des inquiétudes concernant d’éventuelles pénuries affectant les patients diabétiques ont également été soulevées. Le Mounjaro, quant à lui, fait l’objet d’une étude de remboursement pour le diabète et la perte de poids, et coûte environ 275 € par mois en privé.
L’OMS prévoit que les thérapies GLP-1 ne bénéficieront qu’à moins de 10 % des personnes qui pourraient en tirer profit d’ici 2030. Elle appelle donc à une action concertée pour garantir un accès équitable à ces traitements et à des politiques publiques globales pour lutter contre l’obésité.
