Une nouvelle vague d’escroqueries sophistiquées via WhatsApp cible les investisseurs, avec des pertes estimées à plusieurs milliards d’euros. Des fraudeurs se font passer pour des experts financiers et détournent des marques réputées pour gagner la confiance de leurs victimes.
L’Autorité fédérale de surveillance financière (BaFin) et l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) mettent en garde contre des réseaux frauduleux particulièrement bien organisés. Ces derniers opèrent en se faisant passer pour des courtiers ou des conseillers financiers de confiance, offrant un faux sentiment de sécurité aux investisseurs.
Un point chaud actuel concerne l’utilisation abusive du nom du courtier justTRADE. La BaFin a émis un avertissement spécifique à ce sujet à la mi-décembre. Les escrocs utilisent des tactiques subtiles pour manipuler leurs proies : des administrateurs de groupes WhatsApp se présentent avec des titres inventés, comme « analyste en chef », mais des recherches montrent que des individus comme « Lieselotte Thalheim » n’existent pas dans le secteur financier.
Les victimes sont invitées à utiliser de fausses plateformes, des répliques trompeusement réalistes de véritables applications de courtage, comme h5.ecoinf(.)vip. Sur ces plateformes, les dépôts semblent prospérer, mais en réalité, l’argent est directement siphonné par les criminels. Lorsque les investisseurs tentent de retirer leurs « gains », le contact est coupé, ou des « taxes » et des « frais » exorbitants sont soudainement exigés, un signe révélateur de fraude.
La méthode employée par les fraudeurs s’appuie sur une stratégie psychologique sophistiquée, connue sous le nom de « Bouchage de porcs » (abattage de porcs). Elle commence par de petits conseils rentables pour établir la confiance, puis est renforcée par les fausses réussites d’autres membres du groupe – souvent des robots ou des complices. Ce n’est que lorsque la victime est émotionnellement impliquée que le fraudeur exige des sommes importantes.
Le piège se referme souvent après une première approche via des publicités professionnelles sur des plateformes comme Instagram ou TikTok, promouvant des « groupes commerciaux VIP » ou des « cours boursiers exclusifs ». En cliquant sur ces publicités, les utilisateurs rejoignent un groupe WhatsApp apparemment animé, où l’« expert » attend.
Les banques et les caisses d’épargne mettent également en garde contre des faux comptes de réseaux sociaux utilisant leurs logos pour attirer les clients dans des pièges WhatsApp. La police résume la situation en une phrase : « Les banques ne font pas de publicité dans les groupes WhatsApp. »
Les méthodes des fraudeurs sont de plus en plus perfectionnées, intégrant désormais des chatbots basés sur l’intelligence artificielle et de fausses vidéos pour renforcer leur crédibilité. Après la fraude initiale, ils proposent même une « aide au rétablissement », se faisant passer pour des agents du BKA et promettant de récupérer les fonds perdus – une double arnaque.
Trois facteurs expliquent l’intensification de ces escroqueries : l’intelligence artificielle, qui permet de créer des textes irréprochables et des avatars convaincants ; la normalisation croissante des investissements en cryptomonnaies, qui crée une incertitude chez les débutants en quête de conseils ; et le chiffrement de bout en bout de WhatsApp, qui complique les enquêtes des procureurs.
Pour se protéger, les autorités recommandent de ne jamais effectuer de transactions via des messageries instantanées, de vérifier l’identité des « experts » et d’utiliser uniquement les applications bancaires officielles téléchargées depuis les magasins d’applications officiels. Toute victime doit signaler l’incident à la police et à la BaFin.
