Publié le 14 janvier 2026 à 07h41. Les autorités financières sud-coréennes durcissent les règles de solvabilité pour les compagnies d’assurance, mettant fin à la pratique consistant à gonfler artificiellement leurs ratios avec des dettes et exigeant une véritable solidité financière. Cette nouvelle réglementation pourrait entraîner une consolidation du secteur et une pression accrue sur les entreprises les plus fragiles.
- Les compagnies d’assurance devront désormais maintenir un ratio de capital de base d’au moins 50 %, sous peine de sanctions.
- Les autorités mettent fin à l’utilisation des « capitaux empruntés » tels que les dettes subordonnées pour améliorer les indicateurs de solidité.
- Les petites et moyennes compagnies d’assurance sont particulièrement vulnérables et pourraient être confrontées à des difficultés de survie.
La Commission des services financiers et le Service de surveillance financière ont annoncé une nouvelle réglementation visant à renforcer la solidité financière des compagnies d’assurance en Corée du Sud. Cette mesure met fin à une pratique courante consistant à améliorer les ratios de solvabilité en recourant à des « capitaux empruntés », notamment des dettes subordonnées. L’objectif est de garantir que les assureurs disposent d’une véritable capacité à faire face aux crises, basée sur leurs fonds propres et leurs bénéfices non distribués.
Le nouveau ratio de solvabilité du capital (K-ICS), qui entrera en vigueur le 1er janvier de l’année prochaine, impose un ratio de capital de base d’au moins 50 %. Les entreprises qui ne respectent pas cette norme seront soumises à des mesures correctives progressives : une « recommandation d’amélioration de la gestion » si le ratio se situe entre 0 et 50 %, et une « demande d’amélioration de la gestion » s’il est inférieur à 0 %.
Le capital de base, qui représente les fonds propres de l’entreprise, est considéré comme la véritable mesure de sa solidité. Il permet de couvrir les pertes en cas de crise sans avoir recours à une aide extérieure. Le capital requis, quant à lui, correspond au minimum légal que les assureurs doivent détenir pour couvrir les risques qu’ils prennent.
Bien que le secteur reconnaisse la nécessité de cette évolution, de nombreuses compagnies d’assurance se montrent préoccupées par sa mise en œuvre. L’environnement économique actuel, marqué par une faible croissance et une concurrence accrue, rend difficile l’accumulation de bénéfices et l’augmentation du capital. Certaines entreprises ont déjà des difficultés à atteindre le seuil de 50 %, malgré une période de transition de neuf ans accordée par les autorités.
« Il est courant de constituer un capital de base en accumulant des bénéfices, mais dans la réalité d’une faible croissance persistante et d’une concurrence intensifiée, il est difficile pour quiconque de réussir. »
Responsable d’une grande compagnie d’assurance
Les petites et moyennes compagnies d’assurance sont particulièrement vulnérables. Elles craignent que cette réglementation ne les place dans une situation intenable, voire ne menace leur survie. L’industrie avait demandé aux autorités de reconnaître une partie de la marge sur service contractuel (CSM) comme capital de base, mais cette demande a été rejetée en raison de préoccupations liées à la concurrence et à la transparence.
Les autorités financières insistent sur la nécessité pour les compagnies d’assurance de renforcer leur propre solidité financière, plutôt que de recourir à des solutions de court terme. Elles mettent en garde contre les risques liés à l’endettement excessif, notamment dans un contexte de volatilité des taux d’intérêt et des taux de change.
On s’attend à ce que cette nouvelle réglementation entraîne une consolidation du secteur de l’assurance, avec une disparition progressive des entreprises les moins compétitives. Les compagnies les plus solides seront en mesure de mobiliser des capitaux et de s’adapter aux nouvelles exigences, tandis que les autres pourraient être contraintes de fusionner ou de céder leurs activités.
Certains experts suggèrent que les autorités pourraient assouplir les réglementations en matière de gestion d’actifs ou autoriser l’utilisation de « modèles internes » de mesure du risque, adaptés aux spécificités de chaque compagnie d’assurance, afin de faciliter la transition.
Cette mesure pourrait également être l’occasion de restaurer la confiance dans le secteur de l’assurance, en mettant fin à des pratiques commerciales jugées excessives et en encourageant une concurrence basée sur la rentabilité et la solidité financière.
