Mis à jour le lundi 12 janvier à 16h12. Face aux ambitions affichées par les États-Unis et dans un contexte géopolitique tendu, les pays de l’OTAN examinent des moyens de renforcer leur présence militaire autour du Groenland, une question délicate pour le Danemark.
- L’OTAN étudie des initiatives pour accroître sa vigilance concernant le Groenland.
- L’Allemagne propose la création d’un commandement “Arctic Sentry”, sur le modèle du “Baltic Sentry”.
- La Norvège se dit prête à envisager une contribution accrue à la sécurité de la région si l’OTAN renforce sa présence.
Plusieurs pays de l’OTAN ont manifesté leur soutien au Danemark après que l’ancien président américain Donald Trump a de nouveau exprimé son intérêt pour l’acquisition du Groenland, estimant que cela renforcerait la sécurité nationale des États-Unis. Cette situation a relancé les discussions sur la nécessité d’une présence militaire accrue de l’OTAN dans l’Arctique.
Un projet actuellement à l’étude consiste à créer un nouveau commandement de l’OTAN, inspiré du modèle du “Baltic Sentry”. Ce dispositif, mis en place il y a un an, vise à protéger les câbles sous-marins et autres infrastructures critiques en mer Baltique. L’Allemagne aurait pris l’initiative de proposer un commandement “Arctic Sentry” au sein de l’OTAN, selon l’agence de presse Bloomberg.
Cependant, c’est au Danemark qu’il revient en premier lieu de définir l’orientation et le rythme d’une éventuelle participation accrue de l’OTAN, ont précisé des sources au sein de l’alliance.
Le gouvernement danois a reçu ces derniers jours de nombreuses marques de soutien politique. La plupart des 31 États membres de l’OTAN ont pris position contre les exigences de Trump, affirmant que le statut du Groenland est une question qui relève de la compétence exclusive du Danemark et du Groenland.
Plusieurs pays exercent une pression diplomatique accrue sur l’administration américaine afin de la dissuader de poursuivre son projet d’acquisition du Groenland.
Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a rejeté les affirmations américaines concernant une activité accrue de la Russie et de la Chine dans la région.
« Il s’agit d’une région où les tensions sont faibles et les rumeurs concernant les forces russes et chinoises autour du Groenland sont infondées. Dans le même temps, il est évident que la région revêt une grande importance stratégique. Le Danemark en subit les conséquences en renforçant la surveillance et le contrôle. La Norvège et d’autres alliés soutiennent cela. »
Jonas Gahr Støre, Premier ministre norvégien
La Norvège, qui plaide depuis plusieurs années pour une implication accrue de l’OTAN dans les régions du nord, considère que le renforcement de la présence de l’alliance dans l’Arctique est conforme à ses intérêts. Le pays a d’ailleurs participé à un exercice militaire au Groenland en septembre dernier, avec des soldats de la Home Guard norvégienne, danoise et suédoise, dans le cadre de l’opération “Arctic Light”. Plus d’informations sur l’exercice.
La cheffe du Parti conservateur norvégien, Ine Eriksen Søreide, a déclaré que la Norvège devrait envisager de contribuer à une éventuelle augmentation de la présence de l’OTAN dans la région.
« S’il devient pertinent pour l’OTAN d’avoir une présence accrue au Groenland, la Norvège doit, comme à son habitude, évaluer si et comment nous devrions éventuellement y contribuer. »
Ine Eriksen Søreide, cheffe du Parti conservateur norvégien
Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et la ministre groenlandaise des Affaires étrangères, Vivian Motzfeldt, doivent rencontrer le secrétaire d’État américain Marco Rubio mercredi, selon CBS News. Rasmussen a déjà rejeté l’idée d’une présence russe ou chinoise significative au Groenland, qualifiant cette affirmation d’inexacte.
