Publié le 7 janvier 2026 à 07h51. L’hôpital universitaire du nord de la Norvège (UNN) a considérablement réduit ses coûts liés aux dépassements de délais et diminué ses listes d’attente, une transformation saluée par le ministre de la Santé, tout en étant confrontée à une enquête pour des pratiques financières douteuses.
- L’UNN a réussi à réduire de manière significative ses coûts liés aux dépassements de délais, passant de 20,8 millions de couronnes norvégiennes en novembre 2023 à 1,3 million de couronnes en novembre 2024.
- Le ministre de la Santé se félicite de l’amélioration de la situation, soulignant une réduction d’environ 2 500 patients sur les listes d’attente.
- Økokrim, l’unité norvégienne de lutte contre la criminalité économique, enquête sur des scandales financiers liés au système de dépassement des délais.
L’hôpital universitaire du nord de la Norvège (UNN) a longtemps été confronté à des difficultés liées au respect des délais de traitement, entraînant des coûts supplémentaires importants et des listes d’attente prolongées. Ces problèmes ont conduit à une situation financière précaire et à une pression accrue sur le personnel médical. Aujourd’hui, la direction de l’UNN affirme avoir pris le contrôle de la situation, réduisant considérablement les listes d’attente et maîtrisant les dépenses liées aux dépassements de délais.
Lors d’une visite sur place, le ministre de la Santé a exprimé sa satisfaction face à cette amélioration. Il a notamment souligné l’existence d’un “système de feux tricolores” au sein du ministère, permettant de suivre l’évolution des listes d’attente dans les différents hôpitaux du pays. Selon lui, l’UNN passait en rouge jusqu’à l’automne dernier, mais affiche désormais un signal vert généralisé.
« Maintenant, pour la première fois, le vert est en moyenne généralisé. C’est incroyablement impressionnant. »
Ministre de la Santé
Cette amélioration se traduit par une diminution significative du nombre de patients en attente de soins. L’UNN estime avoir réduit de 2 500 le nombre de patients figurant sur la “file d’attente sanitaire”, un indicateur clé de la performance du système de santé.
En novembre 2023, les coûts liés aux dépassements de délais s’élevaient à 20,8 millions de couronnes norvégiennes pour l’UNN. En novembre 2024, ce chiffre est tombé à 1,3 million de couronnes. Sur l’ensemble de l’année, l’UNN prévoit d’économiser environ 90 millions de couronnes en traitant les patients dans les délais impartis par la loi.
Scandale financier
Cependant, cette amélioration de la situation s’accompagne d’une enquête pour des pratiques financières douteuses. Le système de dépassement des délais a été le théâtre de plusieurs scandales au cours de l’année écoulée.
Selon un article du journal Nordlys, des faiblesses importantes ont été constatées dans le système, notamment un manque de contrôle et des facturations excessives. L’hôpital n’avait pas la possibilité de vérifier les services réellement fournis aux patients.
Ces révélations ont conduit Økokrim à engager des poursuites contre Spesialistlegene AS, une entreprise qui proposait des services dans le cadre du système de dépassement des délais. Miriam Angell, la directrice générale de l’entreprise, est accusée de fraude pour un montant total de plusieurs centaines de millions de couronnes, concernant les hôpitaux de Nordland et l’UNN.
« Compte tenu de la manière dont Helse Nord et les médias ont présenté cette affaire, nous attendons avec impatience que cette affaire soit mise en lumière. Mon client a répondu aux questions qui ont été posées et continuera de contribuer à donner une image correcte de l’affaire. »
Caterina Håland Gaeta, avocate de Miriam Angell
Le ministre de la Santé a déclaré que le système de dépassement des délais est un droit important pour les patients et qu’il est essentiel de le maintenir, tout en soulignant la nécessité d’un meilleur contrôle des coûts et de la qualité des services. Il a également annoncé que la responsabilité de la gestion des contrats avec les prestataires privés sera transférée aux établissements régionaux de santé.
Le directeur de l’UNN, David Johansen, attribue le redressement à l’engagement du personnel et à l’amélioration de la capacité de l’hôpital, notamment en matière de santé mentale et de toxicomanie. Il reconnaît toutefois que des investissements supplémentaires sont nécessaires pour moderniser les infrastructures et les équipements.
