Publié le 8 novembre 2025 à 09h43. Lors d’une rencontre à la Maison Blanche, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a obtenu de l’administration Trump une exemption aux sanctions américaines sur l’énergie russe, une décision qui suscite des inquiétudes au sein de l’Union européenne.
- Viktor Orban a affirmé avoir obtenu une exemption totale des sanctions affectant le gaz russe acheminé via le gazoduc TurkStream et le pétrole via le pipeline Druzhba.
- Les États-Unis et la Hongrie ont conclu un accord pour l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) américain, pour une valeur estimée à 600 millions de dollars.
- Un groupe de sénateurs américains a exprimé son inquiétude quant à la dépendance énergétique de la Hongrie vis-à-vis de la Russie et a appelé à une application uniforme des sanctions.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a déclaré que son pays avait reçu l’assurance de l’administration américaine qu’il serait exempté des sanctions imposées à l’énergie russe, après des discussions avec le président Donald Trump à la Maison Blanche. Cette concession intervient alors que la Hongrie est sous pression de l’Union européenne pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles russes.
Selon M. Orban, la Hongrie a obtenu « une exemption totale des sanctions » concernant le gaz russe livré par le gazoduc TurkStream et le pétrole acheminé par le pipeline Druzhba.
« Nous avons demandé au président de lever les sanctions. Nous avons accepté et le président a décidé que les sanctions ne s’appliqueraient pas à ces deux pipelines. »
Viktor Orban, Premier ministre hongrois
Un responsable de la Maison Blanche a précisé que l’exemption accordée à la Hongrie serait valable pour une durée d’un an. Parallèlement, un accord a été conclu pour l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) américain, pour une valeur d’environ 600 millions de dollars, comme l’a indiqué le département d’État américain dans une note d’information. Les deux pays ont également convenu de collaborer sur le développement de l’énergie nucléaire, notamment en explorant l’utilisation de petits réacteurs modulaires.
La Hongrie s’est également engagée à acheter du combustible nucléaire à la société américaine Westinghouse Electric Company, qui alimentera la centrale nucléaire de Paks. Bien que les autorités hongroises aient souligné que Budapest continuerait également à se procurer du combustible nucléaire auprès de la Russie.
Cette décision intervient alors que l’Union européenne s’efforce de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. La plupart des pays membres ont considérablement réduit ou interrompu leurs importations de pétrole et de gaz russes. M. Orban a insisté sur le caractère « vital » de l’accès à l’énergie russe pour son pays enclavé, évoquant les « conséquences pour le peuple hongrois » si les sanctions étaient appliquées.
Une importante délégation, composée de membres du gouvernement, de chefs d’entreprise et d’influenceurs politiques proches du gouvernement hongrois, a accompagné M. Orban à Washington. Cette délégation a affrété un avion commercial de 220 places auprès de la compagnie aérienne hongroise Wizz Air pour le voyage.
Avant l’arrivée de M. Orban, un groupe bipartisan de sénateurs américains avait présenté une résolution appelant la Hongrie à mettre fin à sa dépendance à l’égard de l’énergie russe. La résolution, cosignée par dix sénateurs, dont Jeanne Shaheen du New Hampshire, « exprime son inquiétude quant au fait que la Hongrie n’a montré aucun signe de réduction de sa dépendance aux combustibles fossiles russes » et exhorte Budapest à adhérer au plan de l’Union européenne visant à cesser toutes les importations d’énergie russe d’ici la fin de 2027.
« L’Europe a fait des progrès extraordinaires en coupant ses liens énergétiques avec Moscou, mais les actions de la Hongrie continuent de saper la sécurité collective et d’encourager le Kremlin. »
Jeanne Shaheen, sénatrice américaine
Par ailleurs, M. Orban et certains de ses collaborateurs ont rencontré Eduardo Bolsonaro, le fils de l’ancien président brésilien Jaïr Bolsonaro, condamné en septembre à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État après sa défaite électorale. M. Orban a publié un message sur les réseaux sociaux exprimant son soutien aux Bolsonaro, les qualifiant d’« amis et alliés qui n’abandonnent jamais ».
