Publié le 16 décembre 2023 à 21h12. Des garanties de sécurité américaines « considérables » pour l’Ukraine ont été présentées à Berlin, ravivant l’espoir d’une issue négociée au conflit, tout en soulevant des tensions sur la question des concessions territoriales.
- Les États-Unis ont proposé des garanties de sécurité à l’Ukraine, incluant le maintien d’une armée de 800 000 soldats et une protection de l’espace aérien ukrainien par une force européenne.
- La question des concessions territoriales reste un obstacle majeur, l’Ukraine refusant catégoriquement d’abandonner son territoire, tandis que la Russie en fait une condition essentielle à tout accord.
- L’Union européenne cherche à éviter un accord de paix précipité qui pourrait compromettre la sécurité future de l’Ukraine et de l’Europe.
Un optimisme prudent émerge quant à la possibilité d’une résolution du conflit en Ukraine, après des négociations intenses à Berlin entre des représentants ukrainiens et américains. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré lundi que les garanties de sécurité offertes par les États-Unis étaient « vraiment considérables ». Ces assurances, présentées lors de discussions avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, pourraient ouvrir la voie à de nouvelles perspectives de paix, plus de deux ans après le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022.
Selon M. Merz, les États-Unis se sont engagés à fournir des garanties juridiques et matérielles substantielles.
« Ce que les États-Unis ont mis sur la table ici à Berlin en termes de garanties juridiques et matérielles est vraiment considérable »
Friedrich Merz, chancelier allemand
Ces garanties incluent notamment la possibilité pour l’Ukraine de maintenir une armée de 800 000 soldats en temps de paix, soutenue par une force militaire européenne chargée de sécuriser son espace aérien. Un système de surveillance du cessez-le-feu, supervisé par les États-Unis, serait également mis en place pour détecter toute future violation.
Cependant, la question des concessions territoriales demeure un point de friction majeur. M. Zelensky a réaffirmé que seule l’Ukraine peut décider de ses propres frontières.
« Seule l’Ukraine peut décider des concessions territoriales. Pas de si ni de mais. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Cette position ferme contraste avec les exigences russes, qui conditionnent tout accord de paix à la cession de territoires occupés.
Kaja Kallas, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a mis en garde contre toute pression exercée sur l’Ukraine pour qu’elle abandonne la région du Donbass. L’Union européenne craint qu’un tel compromis ne rende le reste du pays vulnérable à de futures agressions russes. Elle a souligné que la prise du Donbass ne serait pas la « fin de partie » pour Vladimir Poutine, mais plutôt une étape vers le contrôle total du pays.
Les dirigeants européens s’inquiètent également d’une éventuelle trêve précaire imposée par Washington, qui favoriserait Moscou et mettrait en péril la sécurité à long terme de l’Ukraine et de l’Europe. Des négociations sont en cours à Bruxelles pour mobiliser un soutien financier important pour l’Ukraine, afin de combler un déficit budgétaire prévu pour la seconde moitié de l’année prochaine.
Un plan controversé visant à utiliser les actifs russes gelés en Europe pour financer un prêt de 90 milliards d’euros à Kiev est actuellement à l’étude. Le gouvernement belge, où sont détenus ces actifs par Euroclear, se montre réticent, craignant des représailles de Moscou et demandant une garantie de partage des risques au niveau de l’UE. Kaja Kallas a toutefois affirmé que cette option reste la plus crédible, contrairement à un emprunt commun des États membres, qui nécessiterait l’unanimité et serait probablement bloqué par le Premier ministre hongrois Viktor Orban.
Par ailleurs, M. Zelensky a laissé entendre que l’Ukraine pourrait reconsidérer son ambition d’adhérer à l’OTAN, une exigence qu’elle avait initialement présentée comme une condition préalable à tout accord de paix. Il a toutefois insisté sur la nécessité de solides garanties de sécurité occidentales pour dissuader toute future attaque russe. Le négociateur ukrainien Rustem Umerov a déclaré sur X (anciennement Twitter) que des « réels progrès » avaient été accomplis lors des négociations à Berlin et qu’il espérait parvenir à un accord prochainement.
