Publié le 20 novembre 2025 à 11h50. Des discussions secrètes seraient en cours entre Washington et Moscou sur un plan de paix pour l’Ukraine, suscitant l’inquiétude à Kiev et au sein de l’Union européenne.
- Les États-Unis et la Russie négocieraient un accord prévoyant des concessions territoriales, une réduction des forces armées ukrainiennes et le statut officiel de la langue russe.
- Kiev n’a pas été associée à ces pourparlers, et a déjà qualifié le plan d’« inacceptable ».
- Plusieurs responsables européens ont exprimé leur mécontentement face à l’absence de consultation et aux termes potentiels de l’accord.
Des négociations discrètes se dérouleraient entre les gouvernements américain et russe concernant un plan de paix pour l’Ukraine, selon des informations rapportées par plusieurs médias internationaux. Ce plan, dont les détails émergent progressivement, comprendrait des concessions territoriales significatives en faveur de la Russie, notamment la reconnaissance de l’annexion de la Crimée, ainsi qu’une réduction drastique de la taille de l’armée ukrainienne. Le russe y serait également reconnu comme langue officielle.
Selon des sources citées par le Financial Times, le projet s’inspirerait largement des exigences formulées par le président russe Vladimir Poutine tout au long du conflit. La ligne de front actuelle dans le sud de l’Ukraine serait en grande partie figée, consolidant ainsi le contrôle russe sur les territoires occupés.
Le gouvernement ukrainien, ainsi que ses partenaires européens, dont l’Allemagne, n’auraient pas été informés de ces discussions, suscitant une vive réaction à Kiev. Un haut responsable ukrainien a déclaré à l’agence de presse AFP que le plan était « inacceptable ». Un autre a affirmé que cela équivaudrait à une « capitulation complète » de l’Ukraine, que le président Volodymyr Zelensky ne serait pas disposé à accepter.
« Il semble que Poutine puisse atteindre des objectifs de guerre qu’il n’a pas atteints sur le champ de bataille. »
Thorsten Frei, chef de la Chancellerie (CDU)
La Maison Blanche a tenté d’apaiser les inquiétudes, affirmant que le plan visait à fournir des « garanties de sécurité aux deux parties afin d’assurer une paix durable » et qu’il tenait compte des besoins de l’Ukraine. Cependant, ces déclarations n’ont pas suffi à calmer les critiques.
Le sénateur américain Marco Rubio a appelé les deux parties à faire des concessions pour mettre fin au conflit. Sur son compte Twitter, il a souligné la nécessité d’un « échange complet d’idées sérieuses et réalistes » pour parvenir à une solution.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n’a pas souhaité commenter les informations, se contentant d’affirmer qu’il n’y avait « rien de nouveau à annoncer » à ce sujet.
L’initiative américaine a également suscité des réactions négatives en Europe. Johann Wadephul, ministre des Affaires étrangères allemand, a salué toute initiative visant à parvenir à un cessez-le-feu et à des négociations de paix, mais a insisté sur la nécessité d’impliquer Kiev et l’ensemble des Européens. « C’est le seul moyen de parvenir à une paix résiliente », a-t-il déclaré.
La chef de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, a également souligné l’importance de l’adhésion des Ukrainiens et des Européens à tout plan de paix. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a quant à lui appelé à ne pas limiter la capacité de défense de l’Ukraine. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a averti qu’un plan de paix ne devait pas se traduire par une « capitulation » devant la Russie.
Roderich Kiesewetter, responsable de la politique de défense du CDU, a dénoncé un « plan de capitulation » qui récompenserait l’agresseur et établirait la « loi du plus fort » en Europe. Il a appelé à une augmentation du soutien militaire à l’Ukraine, notamment la livraison de systèmes d’armes Taurus. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), le plan signifierait une capitulation complète de l’Ukraine et priverait Kiev des capacités nécessaires pour se défendre contre de futures attaques russes.
Selon le portail « Axios », l’envoyé de l’ancien président Trump, Steve Witkoff, serait à l’origine de ce plan, qu’il aurait discuté en détail avec l’envoyé russe Kirill Dmitriev. Le vice-président américain Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le gendre de Trump, Jared Kushner, auraient également participé à l’élaboration de ce projet. Dmitriev a affirmé que le plan mettrait en œuvre les propositions sur lesquelles Trump et Poutine se sont mis d’accord en Alaska en août, dans le but de résoudre le conflit ukrainien et de rétablir les relations entre les États-Unis et la Russie.
Parallèlement, l’Ukraine est confrontée à une situation intérieure difficile, avec un scandale de corruption qui éclabousse l’entourage du président Zelensky.

