Le parquet a requis une peine de 30 ans de prison ferme contre le chef rebelle présumé, qui doit répondre de poursuites incluant l’assassinat, la torture, la séquestration, l’enlèvement et le viol.
Réquisitions et chefs d’accusation au procès d’Abdoulaye Miskine
Concernant les trois coaccusés d’Abdoulaye Miskine, le ministère public a requis dix ans d’emprisonnement pour tentative de création et participation à des mouvements insurrectionnels. De leur côté, les 29 personnes constituées parties civiles réclament solidairement 25 milliards de francs CFA de dommages et intérêts.
Arguments de la défense et contestation de la procédure
La défense plaide l’acquittement des quatre accusés et conteste le dossier tant sur le fond que sur la forme. Les avocats remettent notamment en cause la compétence de la juridiction tchadienne, affirmant que les faits reprochés ont été commis en République centrafricaine, plus précisément à Batangafo et Kabo dans le nord du pays, contre des ressortissants tchadiens. La défense invoque également la prescription en soutenant que la loi tchadienne prévoit un délai de dix ans pour les infractions criminelles, alors que les faits se seraient déroulés en 2002 et 2003 et que la plainte n’a été déposée qu’en 2020.
Par ailleurs, les avocats dénoncent une absence de preuves matérielles et affirment qu’aucun acte de décès ni document d’identification des victimes n’a été produit. Me Benjamin Mamgo Dibaye a également exprimé son inquiétude face à la rapidité annoncée du délibéré, s’interrogeant sur les cinq jours prévus pour celui-ci alors qu’en matière criminelle la cour se prononce habituellement en deux heures. Il fait part de craintes concernant d’éventuelles décisions téléguidées, tout en affirmant que le droit est de leur côté.
Contexte des poursuites et rapports avec la justice centrafricaine
Né en 1965 au Tchad d’un père tchadien et d’une mère centrafricaine, Martin Koumtamadji, alias Abdoulaye Miskine, a d’abord exercé comme commerçant avant de devenir chef de guerre et de combattre les rebelles de François Bozizé. En 2004, il a fondé le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) dans le but affiché de renverser le régime en place à l’époque.

Malgré la coopération judiciaire entre Bangui et Ndjamena et l’existence d’un mandat d’arrêt international transmis par la justice centrafricaine, les demandes d’extradition formulées par la République centrafricaine sont restées lettre morte.
Délibéré et perspectives du verdict
Après les auditions des parties civiles, des accusés et des codétenus, ainsi que les réquisitions du ministère public lors de l’audience qui a repris le vendredi 4 septembre, la cour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict concernant Abdoulaye Miskine et ses coaccusés doit être rendu le 9 septembre.