Téhéran s’est engagé à reconstruire ses installations nucléaires, sévèrement endommagées en juin lors d’une opération militaire américaine, tandis que les tensions avec Washington restent vives. Le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé la nature pacifique du programme nucléaire iranien, malgré les accusations américaines de tentatives de développement d’armes.
L’annonce de Pezeshkian intervient après des menaces de nouvelles frappes américaines si Téhéran tentait de relancer son programme nucléaire. Lors d’une visite à l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, le président a déclaré : « Tous ces programmes visent à résoudre les problèmes des gens, à traiter les maladies et à assurer la santé de la société. » Il a ajouté avec fermeté : « La science est dans l’esprit de nos scientifiques, et il n’y aura aucun problème à détruire des bâtiments et des usines ; nous reconstruirons et avec plus de vigueur. »
Les États-Unis, épaulés par Israël, ont mené une attaque de 12 jours en juin ciblant trois sites nucléaires clés : Fordow, Natanz et Ispahan. L’opération, baptisée « Midnight Hammer », a impliqué le largage de 14 bombes anti-bunker GBU-57 Massive Ordnance Penetrators (MOP), pesant chacune environ 14 000 kilogrammes. Le président américain Donald Trump a affirmé que les installations iraniennes avaient été « complètement anéanties », une affirmation que le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a jugée exagérée.
Téhéran a toujours maintenu que son programme nucléaire est exclusivement à des fins civiles. Cette position a été réitérée par le président Pezeshkian. Par ailleurs, l’ayatollah Khamenei a vivement critiqué les déclarations de Trump, les qualifiant de « fausses, mensongères et intimidantes ». Il a également encouragé les jeunes Iraniens à poursuivre leurs ambitions scientifiques dans ce domaine.
À ce stade, des rumeurs circulent concernant une possible reprise des négociations entre Téhéran et Washington sur le programme nucléaire iranien. Des médias américains rapportent que la Maison Blanche chercherait activement à renouer le dialogue, bien que cela n’ait pas été confirmé officiellement par les deux parties. La porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Fatemeh Mohajerani, a indiqué qu’ils avaient « reçu des nouvelles » à ce sujet.
Rafael Grossi, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a récemment déclaré à l’Associated Press que Téhéran ne semblait pas enrichir activement de l’uranium, tout en soulignant que l’agence avait observé de « nouveaux mouvements » dans les installations nucléaires iraniennes. Il a précisé que l’Iran conserve encore des stocks d’uranium enrichi à 60 %, et a insisté sur la nécessité d’un accès pour les inspecteurs de l’AIEA afin de vérifier que ces matières ne sont pas utilisées à d’autres fins.
Selon une analyse d’images satellite du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), les frappes américaines ont ralenti l’enrichissement et le traitement de l’uranium à Fordow, Natanz et Ispahan, les activités ayant « complètement arrêté ». Cependant, le CSIS a également constaté que l’Iran accélère la construction d’une nouvelle installation au cœur de la région montagneuse de « Kolang Gaz La », située à 1,6 kilomètre au sud de Natanz. Ce projet, annoncé après un incendie survenu en 2020 à Natanz, prévoit la construction d’un site « au cœur de la montagne ».
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