Home NouvellesTester l’hôpital du futur : la chirurgie est ici optimisée – Actualités

Tester l’hôpital du futur : la chirurgie est ici optimisée – Actualités

by Nicolas Lefèvre

Publié le 25 octobre 2025 à 18h54. À Nidau, dans le canton de Berne, une équipe de chercheurs révolutionne la conception des blocs opératoires en les testant à taille réelle, mais de manière analogique, avant de passer à la phase numérique.

  • Un centre de compétences basé à Nidau construit des reproductions exactes de salles d’opération pour étudier l’impact de l’environnement sur le personnel médical et les patients.
  • Des simulations réalistes, impliquant des professionnels de la santé et des patients, permettent d’identifier des problèmes d’ergonomie et d’efficacité avant la construction de nouveaux hôpitaux.
  • L’approche analogique, combinée à l’analyse numérique des mouvements, vise à optimiser l’agencement des blocs opératoires pour améliorer le confort, la sécurité et l’efficacité des interventions.

Dans un espace baigné de lumière bleue, s’étend une salle d’opération à l’identique de celles que l’on trouve dans les hôpitaux modernes. Équipements médicaux, moniteurs, tout y est. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, aucune opération chirurgicale n’est pratiquée ici. « Nous réalisons des simulations très réalistes pour comprendre comment une intervention pourrait se dérouler dans cet environnement », explique Monika Codourey, responsable du laboratoire situé près de Bienne.

Le Centre suisse de conception et de santé (SCDH), fondé en 2019, a pour vocation d’étudier l’influence du design sur le secteur de la santé. Dans un vaste hall industriel inondé de lumière, des prototypes de futurs blocs opératoires sont construits et testés. L’objectif : rendre les opérations plus agréables et plus sûres pour les patients, mais aussi améliorer les conditions de travail du personnel soignant.

Les salles sont recréées à partir de matériaux simples comme le bois et le carton, permettant de tester rapidement différents agencements et configurations. L’impact de la lumière, des couleurs, des matériaux et même du bruit de fond sur le personnel et les patients est minutieusement étudié. Des infirmières, des chirurgiens, des anesthésistes – tous les acteurs du monde hospitalier – sont impliqués dans ces simulations.

Une personne vérifie la technologie de la scène à Halle.
Légende:

Dans le hall industriel inondé de lumière de Nidau, près de Bienne, les blocs opératoires sont construits selon un modèle 1:1 puis testés.

SCDH

Lors d’une simulation, un patient est allongé sur la table d’opération tandis qu’un chirurgien reconstitue une intervention. Le moindre détail est observé : un moniteur mal placé, un appareil qui gêne le mouvement. L’objectif n’est pas seulement d’économiser de l’argent, mais surtout d’améliorer l’expérience du patient et des soignants.

« Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. »

Minou Afzali, responsable du département de recherche au SCDH

Tous les mouvements sont enregistrés par des caméras disposées autour de la salle, permettant une analyse précise des séquences d’actions. La technologie de « motion capture », utilisée dans l’industrie cinématographique et du jeu vidéo, permet même de suivre les mouvements des doigts avec une précision millimétrique grâce à des gants capteurs.

Mais pourquoi recourir à cette approche analogique avant de passer à la simulation numérique ? « Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients », explique Minou Afzali. C’est en simulant concrètement les processus de travail dans un environnement réel que certains problèmes sont apparus. « Par exemple, on ressent physiquement ce que cela signifie de devoir pousser seul un lit sur 20 mètres – et si l’on peut contourner un coin avec le lit ou si le mur doit être déplacé. » Dans la simulation analogique, ce mur est en carton.

Ainsi, dans la future salle d’opération, il n’y aura pas de mur qui empêcherait un patient d’être transporté d’urgence à la table d’opération. Une approche innovante qui promet de transformer la conception des hôpitaux de demain.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.