La Thaïlande a suspendu la construction de 49 server farms selon Thestar, alors que les inquiétudes du public concernant l’impact de ces installations énergivores s’intensifient. L’annonce a été faite le 4 septembre par Danucha Pichayanan, secrétaire général du National Economic and Social Development Council (NESDC), lors d’un point de presse faisant suite à la première réunion de la commission de surveillance des centres de données en Thaïlande, dirigée par le ministre des Finances Ekniti Nitithanprapas.
Le gouvernement thaïlandais suspend la construction de 49 centres de données
« Aujourd’hui’s décision ne signifie pas que la Thaïlande ferme la porte aux investissements dans les centres de données, car l’industrie est essentielle à la compétitivité du pays », a déclaré Ekniti Nitithanprapas, ajoutant que le gouvernement souhaite mettre en place des normes claires et cohérentes pour assurer une croissance durable du secteur.
Une régulation renforcée face à l’essor des investissements technologiques
La Thaïlande connaît une prolifération de centres de données et s’est imposée comme une destination régionale pour les infrastructures d’intelligence artificielle et de cloud. Des géants technologiques mondiaux tels que Google (d’Alphabet), Amazon et Microsoft y développent leurs capacités. En mai, le gouvernement a approuvé l’expansion des infrastructures de données de TikTok System (Thailand), incluant des services d’hébergement, des serveurs et des installations de stockage. Durant les six premiers mois de l’année, le gouvernement a approuvé 88 projets pour un investissement total de 886 milliards de bahts (environ 34,1 milliards de dollars singapouriens) liés à l’IA et aux centres de données, selon les données de la Thailand Board of Investment (BOI).

Cependant, la forte consommation d’électricité et d’eau de ces infrastructures suscite des inquiétudes, notamment en raison de projets développés dans des zones densément peuplées comme le centre de Bangkok. Le gouverneur de Bangkok, Chadchart Sittipunt, a indiqué que des plaintes concernant un centre de données construit à côté d’un hôpital avaient mis en lumière une lacune réglementaire permettant à ces installations de demander des permis en tant qu’entrepôts.
Suspensions, nouveaux critères et comités de supervision
La réunion du 4 septembre a acté la suspension temporaire de la construction de tous les projets en cours ainsi que l’octroi de permissions pour les projets en attente, et ce jusqu’à ce que des normes environnementales et sociales minimales soient définies. Selon le NESDC, 35 projets ou entreprises de centres de données sont déjà en exploitation, dont 11 supervisés via le processus de l’application de promotion des investissements du BOI. Environ 49 projets étaient en construction, tandis que plus de 117 attendaient une autorisation.

Pour accompagner cette politique, quatre sous-comités ont été créés afin de définir les exigences minimales pour la construction de nouveaux centres de données et d’établir un système d’audits postérieurs à l’ouverture :
- Sous-comité économique : coprésidé par le secrétaire général du NESDC et le secrétaire général du BOI, chargé d’évaluer la valeur économique et les bénéfices pour l’économie nationale.
- Sous-comité des infrastructures : coprésidé par le secrétaire général de l’Office of the National Water Resources (ONWR) et le secrétaire permanent du ministère de l’Énergie.
De nouvelles réglementations sont attendues d’ici un mois pour encadrer l’ensemble du secteur.