Publié le 5 décembre 2025 à 09h07. La Syrie, après des années de conflit, semble défier les prédictions d’un chaos inévitable, s’ouvrant à une nouvelle alliance avec l’Occident sous la présidence d’Ahmed Al-Charaa, tout en faisant face à des défis internes liés à la consolidation du pouvoir.
- La Syrie a rejoint la coalition internationale contre Daech, marquant un tournant géopolitique majeur.
- Le magazine The Economist souligne la résilience de la Syrie et la capacité du nouveau gouvernement à maintenir la stabilité.
- Des inquiétudes subsistent quant à la concentration du pouvoir et à la nécessité d’une véritable répartition des responsabilités.
Après des décennies durant lesquelles le régime syrien précédent martelait l’idée d’un choix binaire – « soit la famille Assad, soit le chaos » – la situation actuelle semble contredire cette prophétie, selon une analyse récente du magazine britannique The Economist. Un an après la fin des hostilités, la Syrie démontre une capacité de résistance surprenante, même en présence d’un ancien combattant, Ahmed Al-Charaa, à sa tête.
The Economist salue la performance du président Al-Charaa, soulignant son travail « impressionnant » pour maintenir la cohésion nationale et sa réussite à redorer l’image de la Syrie sur la scène internationale. Cette transformation a permis de tisser de nouvelles relations, notamment avec la communauté internationale.
La preuve la plus tangible de ce succès, selon le magazine, réside dans l’absence des scénarios catastrophes envisagés en cas de chute de Bachar al-Assad. Bachar al-Assad, dans son expression, n’a pas laissé derrière lui un pays plongé dans l’anarchie.

Contrairement aux craintes, la Syrie n’a pas sombré dans le chaos, les groupes armés n’ont pas pris le contrôle du territoire, et aucune guerre civile généralisée ni vague de représailles politiques n’a éclaté après la fin du régime précédent, contrairement à ce qui s’est produit dans d’autres pays arabes.
Le pragmatisme des dirigeants d’Al-Charaa est également souligné, notamment leur choix de ne pas imposer une loi islamique stricte à l’ensemble de la population, dissipant ainsi les craintes d’un régime religieux extrémiste. De plus, la Syrie n’est pas devenue une source d’exportation de captagon, mais a plutôt privilégié le développement de relations économiques avec les États du Golfe pour relancer son économie délabrée.
La Syrie, un allié de l’Occident
Après avoir été perçue comme un allié de l’Iran et de la Russie le Commandement central américain (Centcom) a mené une opération conjointe avec le ministère syrien de l’Intérieur, ciblant plus de 15 entrepôts et dépôts d’armes appartenant à Daech dans le sud de la Syrie et la campagne de Damas.

L’ambassade américaine à Damas a annoncé le 11 novembre que la Syrie avait officiellement rejoint la coalition internationale contre Daech dirigée par Washington depuis 2014.
La nécessité de partager le pouvoir
Cependant, The Economist met en garde contre l’approche du nouveau président, qui n’a pas accordé suffisamment d’attention à la reconstruction des institutions étatiques détruites par le régime précédent et à leur rétablissement dans leur rôle légitime, préférant créer des structures parallèles dirigées par des proches. La création d’une nouvelle autorité douanière dirigée par un ancien combattant, le ministre Qutaiba Ahmed Badawi, suscite des inquiétudes quant à la formation de réseaux d’influence alternatifs, d’autant plus que les douanes constituent la principale source de revenus fiscaux en Syrie.

The Economist appelle Al-Charaa à renforcer le rôle des ministères, à s’efforcer davantage de partager le pouvoir – qui reste concentré entre les mains d’un cercle restreint de proches – et à élargir le dialogue avec les organisations de la société civile. Le principal défi auquel est confronté Sharaa est désormais d’établir un régime différent de celui qui a plongé le pays dans le chaos, et le test décisif sera la forme que prendra le nouveau parlement syrien, dont l’élection est prévue en janvier.
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