Publié le 27 octobre 2025 11h05. Le nouveau roman de Richard Osman, La fortune impossible, cinquième volet des aventures du Club des meurtres du jeudi, explore avec tendresse les défis du vieillissement et la résilience face à la perte, tout en distillant un mystère captivant.
- Le dernier roman de Richard Osman met en scène une enquête autour d’une fortune en bitcoins et d’un meurtre.
- L’auteur se concentre davantage sur les épreuves personnelles des membres du Club des meurtres du jeudi que sur les rebondissements de l’intrigue policière.
- La fortune impossible est une réflexion sur la dignité, l’amitié et la capacité à trouver un sens à la vie malgré les difficultés.
Richard Osman, l’auteur britannique à succès, revient avec un roman qui confirme son talent pour mêler habilement intrigue policière et exploration psychologique. La fortune impossible ne se contente pas de proposer un nouveau mystère à résoudre pour Elizabeth, Joyce, Ron et Ibrahim, les membres du Club des meurtres du jeudi, mais plonge au cœur de leurs existences, confrontées aux aléas du temps qui passe.
L’enquête, qui tourne autour d’une importante somme d’argent en bitcoins – une fortune numérique vaste, trouble et potentiellement introuvable – se déroule sur fond de mariage, de disparition et de secrets enfouis. Des escrocs et d’anciens barons de la drogue, en quête de rédemption ou obstinément ancrés dans leurs vices, croisent le chemin des protagonistes. Mais le véritable enjeu du roman réside ailleurs : dans les blessures intimes et les défis quotidiens de ces personnages attachants, évoluant dans le cadre paisible, mais non dénué de mystères, de la résidence pour retraités Coopers Chase.
Osman dépeint avec une sensibilité remarquable le déclin des forces – physiques, émotionnelles et mentales – qui accompagne l’âge. Elizabeth, l’ancienne espionne du MI6, figure autrefois inébranlable du Club des meurtres du jeudi, est particulièrement touchée par le deuil. La perte de son mari, Stephen, a ébranlé son sentiment de contrôle et plongé son existence dans un trouble profond.
L’auteur aborde le deuil d’Elizabeth avec une retenue émouvante, sans recourir à des effusions sentimentales excessives. Il se contente de décrire le brouillard des jours qui s’étirent, trop longs et pourtant trop courts :
« Toujours seul, et jamais seul : c’était le chagrin. »
C’est dans ce calme, dans cette acceptation des limites de la vie, qu’Osman parvient à toucher le lecteur au plus profond de son être.
Joyce, quant à elle, oscille entre la joie et la solitude, préoccupée par le bonheur de sa fille récemment mariée, Joanna, et hantée par la crainte d’être jugée intrusive. Elle s’interroge, dans ses moments de calme, sur la possibilité d’être oubliée. Ron, l’ancien syndicaliste, dissimule sous son assurance habituelle la conscience de sa propre fragilité. Ibrahim, toujours doux et perspicace, ressent une solitude lancinante que les jeux télévisés ne parviennent pas à apaiser.
Osman montre ainsi comment l’âge peut dissiper les illusions, mais pas la volonté de vivre, la capacité à rire et la dignité. Il parvient à rendre l’intrigue policière captivante, sans jamais l’imposer sur ce qui constitue le cœur de son roman : la complexité de la vieillesse, la peur de perdre ses facultés et la nécessité de continuer à s’investir dans les relations qui comptent.
L’œuvre d’Osman se situe dans la même veine que la websérie américaine Seuls les meurtres dans le bâtiment (Only Murders in the Building), avec Steve Martin, Selena Gomez et Martin Short, en explorant des thèmes similaires à travers le prisme de la fiction policière. Steve Martin, Selena Gomez et Martin Short dans Seuls les meurtres dans le bâtiment. (Disney+ Hotstar) Les deux œuvres utilisent le genre policier pour aborder des questions plus profondes : la solitude, le vieillissement, la quête de sens.
La fortune impossible est avant tout une célébration de l’âge, une affirmation que, comme le dit Joyce,
« Ce qui s’est passé n’est jamais ce qui vous définit dans la vie ; ce que vous avez fait ensuite est ce qui vous définit. »
Un rappel que la dignité ne réside pas dans la force passée, mais dans la manière dont on porte sa fragilité. Cet humour et cette vulnérabilité partagés entre amis constituent une forme de résilience puissante, un phare qui éclaire le chemin à suivre.
La fortune impossible
Richard Osman
Pingouin viking
432 pages
899 Rs
À ne pas manquer
