Publié le 31 décembre 2025 à 17h33. L’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la recherche sur la sclérose en plaques (SEP), avec une attention particulière portée à l’optimisation des traitements existants et à la découverte de nouvelles approches pour lutter contre les formes progressives de la maladie.
- Cinq essais cliniques majeurs sont actuellement en cours pour évaluer de nouvelles thérapies contre la SEP, notamment le tolébrutinib, le fingolimod, l’ocrelizumab, l’ublituximab et le fénébrutinib.
- Une étude récente confirme que la dose actuelle d’ocrelizumab (600 mg) reste optimale pour ralentir la progression du handicap chez les patients atteints de SEP récurrente, sans bénéfice supplémentaire démontré avec des doses plus élevées.
- Des recherches croissantes suggèrent que le virus Epstein-Barr (EBV) pourrait être un déclencheur essentiel de la SEP, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant ce virus.
La sclérose en plaques est une maladie chronique du système nerveux central d’origine auto-immune, qui endommage la myéline, la gaine protectrice des nerfs. Elle affecte principalement le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques. Plus de 20 traitements modificateurs de la maladie (TMD) approuvés par la FDA sont actuellement disponibles, mais la recherche se concentre toujours sur les formes progressives de la maladie et sur des stratégies préventives potentielles.
Les chercheurs étudient activement de nombreux agents thérapeutiques, dans le but d’améliorer la gestion et la compréhension de cette maladie complexe. Une analyse des essais cliniques en cours révèle 28 études portant sur des TMD tels que l’ocrelizumab, le fingolimod et l’ublituximab. Cinq essais notables méritent d’être soulignés :
- Tolébrutinib (NCT04742400) : Cet essai de phase 2 évalue l’efficacité d’un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton (BTK) chez des patients adultes déjà sous traitement anti-CD20, en se concentrant sur l’amélioration des lésions chroniques inflammatoires de la substance blanche. La date d’achèvement estimée est le 31 décembre 2025.
- Fingolimod (NCT01892722) : Cet essai randomisé multicentrique de phase 3 compare l’innocuité et l’efficacité du fingolimod oral quotidien à l’interféron β-1a intramusculaire hebdomadaire chez des patients pédiatriques âgés de 10 à 17 ans. Une phase de prolongation de 5 ans est prévue, avec une date d’achèvement estimée au 26 février 2030.
- Ocrelizumab (NCT04377555) : Cette étude de phase 4, ouverte et à un seul bras, se concentre sur des patients noirs ou afro-américains et hispaniques/latins atteints de SEP récurrente, qu’ils soient naïfs de traitement ou qu’ils aient interrompu d’autres TMD. L’étude vise à évaluer l’activité de la maladie et les biomarqueurs, avec une date d’achèvement prévue en décembre 2025.
- Ublituximab (NCT04130997) : Il s’agit d’une extension ouverte des essais ULTIMATE I et II, évaluant l’innocuité et l’efficacité à long terme de l’anticorps monoclonal ublituximab chez les adultes atteints de SEP récurrente. Le principal critère d’évaluation est le taux de rechute annualisé, avec une date d’achèvement estimée au 1er février 2030.
- Fénébrutinib (NCT04544449) : L’essai de phase 3 FENtrepid évalue l’efficacité et l’innocuité de l’inhibiteur oral de la BTK, le fénébrutinib, par rapport à un placebo associé à l’ocrelizumab chez les patients adultes atteints de SEP primaire progressive. L’essai se concentre sur le délai d’apparition d’une progression confirmée du handicap sur 12 semaines, avec une date d’achèvement prévue le 18 décembre 2026.
Pour en savoir plus sur ces essais cliniques.
L’ocrelizumab à dose plus élevée : pas d’avantage supplémentaire
L’ocrelizumab (Ocrevus ; Genentech), un traitement à base de cellules B approuvé pour la SEP récurrente (SEP-R) et la SEP primaire progressive (SEP-PP), est le traitement de fond le plus prescrit aux États-Unis, ayant traité plus de 400 000 personnes dans le monde. Les résultats récents de l’essai de phase 3 MUSETTE (NCT04544436) confirment la stratégie de dosage optimale pour ce traitement.
L’essai MUSETTE a examiné si l’administration d’une dose plus élevée d’ocrelizumab intraveineux (IV), soit 1 200 mg ou 1 800 mg en fonction du poids du patient, apporterait un bénéfice supplémentaire par rapport à la dose actuellement approuvée de 600 mg chez les patients atteints de SEP-R. L’essai n’a pas atteint son objectif principal, qui était de démontrer des avantages supplémentaires en ralentissant la progression du handicap.
Les résultats ont montré que les taux de progression du handicap étaient faibles et cohérents avec l’efficacité établie observée dans les études pivots sur la dose standard de 600 mg. L’étude a renforcé l’idée que la dose actuelle de 600 mg d’ocrelizumab IV est optimale pour ralentir significativement la progression du handicap dans la SEP-R. De plus, la dose plus élevée a été bien tolérée et n’a montré aucun nouveau signal de sécurité par rapport à la dose standard, confirmant le profil de sécurité et d’efficacité de l’ocrelizumab.
Pour en savoir plus sur l’étude MUSETTE.
L’observance du traitement par l’ocrelizumab : des données réelles rassurantes
Une revue systématique des données réelles a fourni des preuves rassurantes sur l’observance du traitement par l’ocrelizumab, suggérant que les taux d’abandon restent faibles et similaires à ceux observés dans les essais cliniques pivots. L’analyse a porté sur 30 études et a révélé que les taux d’abandon variaient entre 3,2 % et 4,1 % pour les patients atteints de SEP rémittente et de SEP-PP.
Cette stabilité de la persistance suggère une bonne tolérance en dehors des environnements cliniques contrôlés. La raison la plus fréquemment rapportée pour l’arrêt du traitement était les effets secondaires (notés dans 11 études), suivis par les préoccupations concernant l’efficacité (8 études) et la grossesse ou la planification familiale (6 études). L’arrêt du traitement s’est généralement produit après un délai médian de 0,6 à 1,8 ans dans les études qui rapportaient un délai médian avant l’arrêt.
En comparaison avec d’autres traitements de fond, l’ocrelizumab a généralement entraîné une meilleure observance et des abandons plus faibles. Bien qu’une étude ait noté que significativement plus de patients avaient arrêté l’ocrelizumab que le rituximab en raison d’effets secondaires, les taux d’abandon globaux au cours de la première année entre les deux traitements n’étaient pas statistiquement différents. La cohérence entre l’utilisation réelle et les données des essais cliniques renforce le rôle de l’ocrelizumab en tant que traitement de base pour la SEP.
Pour en savoir plus sur l’observance du traitement par l’ocrelizumab.
De nouvelles thérapies pour les formes progressives de la SEP
Les traitements actuels contre la SEP ont considérablement amélioré les résultats des formes récurrentes, mais les formes progressives de la maladie restent difficiles à traiter. Une revue complète des thérapies émergentes met en évidence des stratégies innovantes axées sur la réparation de la myéline, la neuroprotection et le ciblage des cellules immunitaires résidentes du système nerveux central (SNC), allant au-delà de l’immunomodulation traditionnelle.
L’une des classes de médicaments les plus prometteuses est celle des inhibiteurs de la tyrosine kinase Bruton (BTKis). Le tolébrutinib, un BTKi capable de traverser la barrière hémato-encéphalique, a montré un effet substantiel en ralentissant la progression confirmée du handicap chez les personnes atteintes de SEP progressive secondaire non récidivante. On pense que les BTK agissent sur les cellules B, les macrophages et les microglies du SNC, suggérant un mécanisme qui traite la progression indépendamment des rechutes. D’autres BTK, tels que le fénébrutinib et le remibrutinib, montrent également un potentiel pour limiter l’activité des lésions.
Au-delà des BTKis, la recherche fait progresser les stratégies de remyélinisation et de neuroprotection, notamment en étudiant des composés comme le fumarate de clémastine et la metformine, qui sont étudiés en combinaison pour stimuler la réparation de la myéline. Les thérapies cellulaires sont également explorées ; la greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques semble prometteuse pour induire une rémission dans la SEP récurrente en réinitialisant le système immunitaire, et les cellules souches mésenchymateuses sont étudiées pour leurs capacités de régénération. Ces efforts laissent espérer que la prochaine génération de traitements pourra enfin ralentir ou arrêter la progression de la maladie et restaurer la fonction neurologique.
Pour en savoir plus sur les thérapies émergentes contre la SEP.
Le virus Epstein-Barr : un déclencheur potentiel de la SEP
De plus en plus de preuves établissent un lien étroit entre l’EBV, un herpèsvirus commun responsable de la mononucléose, et la sclérose en plaques, ce qui suggère que l’EBV agit comme un déclencheur nécessaire de la maladie. Des études épidémiologiques montrent que les personnes qui n’ont jamais été infectées par l’EBV ont un risque quasi nul de développer la SEP.
Une revue récente a fourni un argument convaincant en faveur de la priorisation des stratégies thérapeutiques ciblant directement l’EBV pour traiter ou prévenir la SEP. La revue soutient « l’hypothèse du conducteur », qui suggère que la réplication continue de l’EBV et les cycles d’infection latente et lytique exposent continuellement le système immunitaire aux antigènes viraux, alimentant ainsi l’activité de la maladie inflammatoire observée dans la SEP.
Cette approche ciblée est également étayée par l’observation selon laquelle les personnes séropositives ayant reçu un traitement antirétroviral hautement actif (HAART) présentaient un risque plus faible de développer la SEP, potentiellement parce que certains antiviraux du HAART sont efficaces contre l’EBV. Par conséquent, les chercheurs réclament un nouvel effort de développement de médicaments axé sur l’EBV. Les stratégies proposées comprennent des agents antiviraux à petites molécules pénétrant dans le SNC, des vaccins thérapeutiques contre l’EBV et des thérapies appauvrissant les lymphocytes B à plus forte dose pour cibler les lymphocytes B dans le SNC. Les auteurs recommandent de futures études à grande échelle et à long terme pour surveiller les individus EBV-négatifs afin de découvrir les mécanismes exacts par lesquels l’EBV déclenche la SEP et l’auto-immunité.
Pour en savoir plus sur le rôle du virus Epstein-Barr dans la SEP.
À ne pas manquer
