Publié le 15 octobre 2025 à 05h14. Le E-Rallye Monte-Carlo, compétition automobile entièrement dédiée aux véhicules électriques, s’élance ce mercredi 15 octobre pour sa 9e édition. L’épreuve, organisée par l’Automobile Club de Monaco, met l’accent sur l’innovation et la mobilité durable, tout en testant l’autonomie et la performance des voitures électriques sur des routes exigeantes.
- 62 équipages venus de 18 pays participeront à l’édition 2025, représentant 19 marques et 38 modèles différents.
- Le parcours, qui traverse les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, le Var et une portion d’Italie, a été dévoilé à l’avance, mais le roadbook détaillé n’a été remis qu’aux concurrents ce matin.
- La gestion de l’autonomie des batteries sera un enjeu majeur, combinant performance énergétique et régularité pour le classement.
Trente ans après sa création, le E-Rallye Monte-Carlo confirme son engagement envers la mobilité écoresponsable. Après avoir accueilli des véhicules à hydrogène par le passé, la compétition se concentre désormais exclusivement sur l’électrique, une décision justifiée par l’évolution rapide de l’industrie automobile. « L’évolution de l’industrie nous a poussé à concentrer nos efforts sur le tout-électrique », explique Jacques Rossi, président de la commission des énergies nouvelles de l’Automobile Club de Monaco (ACM) et directeur de course du E-Rallye.
Le départ sera donné ce mercredi place du Casino, en présence de figures prestigieuses telles que Bruno Saby, Stefano Modena et Camille Gottlieb, fille de la princesse Stéphanie. Ces pilotes expérimentés côtoieront une majorité d’équipes amateurs, représentant environ 60 % des participants, une mixité voulue par l’organisation. « Certains viennent pour se faire plaisir et d’autres pour le championnat », précise Jacques Rossi, soulignant l’intégration de l’épreuve à la Bridgestone FIA Eco Rally Cup.
Le tracé de cette 9e édition, dessiné à travers les paysages variés des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes, du Var et avec un bref passage en Italie, promet d’être particulièrement exigeant. Pour la première fois depuis deux ans, les grandes lignes du parcours ont été révélées à l’avance (points de départ et d’arrivée), permettant aux concurrents d’anticiper les difficultés. Cependant, le roadbook détaillé n’a été communiqué qu’à la dernière minute, lors des contrôles administratifs, obligeant les équipes à une préparation stratégique intense.
Jérémy Joffre, Commissaire général adjoint de l’ACM et Responsable du tracé, détaille l’approche de l’organisation : « On a calculé un itinéraire que les voitures électriques puissent parcourir sans encombre mais aussi, en rehaussant la difficulté, on a l’objectif de démontrer le réel potentiel de ces véhicules. On a dû prendre en compte bien sûr le kilométrage pour l’autonomie mais aussi le dénivelé car les batteries ont une capacité impressionnante pour récupérer de l’énergie dans les descentes ». L’équipe a minutieusement parcouru chaque étape pour garantir sa faisabilité dans les conditions réelles de la course.
La gestion de l’autonomie des batteries s’annonce comme le principal défi pour les concurrents. Le classement combinera performance énergétique et régularité, avec un barème validé par la FIA pour comparer la consommation des véhicules selon leur catégorie. La vitesse ne sera donc pas le seul facteur déterminant : il faudra également optimiser la consommation et franchir la ligne d’arrivée. Jérémy Joffre illustre la tension palpable : « Le moment critique, cela va être quand les pilotes vont regarder leur écran et qu’il va rester peut-être 20 % de batterie. Avec le comité d’organisation, quand on a conçu l’itinéraire, on a essayé de se mettre dans la peau des concurrents et il faut dire que c’est une bataille qu’il faut mener du départ jusqu’à l’arrivée. » Il ajoute : « il faut à la fois jouer sur l’accélération, laisser un petit filet d’électricité et optimiser les freinages pour faire de la récupération d’énergie ».
Les recharges seront effectuées la nuit sur 62 des plus de 600 bornes Monaco ON, sans accès réservé, ajoutant une dimension logistique supplémentaire à la compétition. La recherche de bornes disponibles constituera une mission supplémentaire pour les équipages, même si la plupart devraient être libres à ces heures. « Un rallye c’est aussi de la débrouille, c’est trouver des solutions et s’adapter en permanence », conclut Jérémy Joffre, révélant que son équipe a utilisé des cartes Michelin traditionnelles pour effectuer les repérages, soulignant ainsi le mélange unique d’innovation et de savoir-faire ancestral qui caractérise ce rallye.
4 routes iconiques que la course va emprunter
Le tracé imaginé par Jérémy Joffre et son équipe offrira des moments forts aux participants tout au long des quatre jours de course.
Le col de Turini
Symbole du rallye Monte-Carlo, le col de Turini sera franchi cette année de nuit, dès la deuxième spéciale de régularité, ce mercredi.
La route des 46 lacets
Cette route sinueuse, empruntée pour rejoindre l’Italie jeudi lors de la 4e spéciale, est une nouveauté. Les concurrents éviteront le tunnel de Tende pour emprunter cette voie spectaculaire comptant 46 virages sur seulement 7 kilomètres.
Le col de Lombarde
Atteint lors de la dernière spéciale de jeudi, le col de Lombarde culmine à plus de 2 300 mètres d’altitude, un record pour un rallye organisé par l’ACM. De la neige était encore présente sur place il y a quelques semaines.
Le col de la Couillole
Point central de la E-Power Stage et dernière des 14 spéciales du rallye, le col de la Couillole sera sans doute le juge de paix de cette édition, samedi.
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