Home AffairesTPU ou GPU : les douves de Nvidia s’érodent-elles ?

TPU ou GPU : les douves de Nvidia s’érodent-elles ?

by Amélie Bernard

La domination de Nvidia sur le marché des puces d’intelligence artificielle pourrait être remise en question. Si l’entreprise américaine est actuellement considérée comme un leader incontesté, des concurrents majeurs comme Google, Meta et Amazon investissent massivement dans le développement de leurs propres solutions, susceptibles de modifier la dynamique du secteur.

Jusqu’à présent, les investisseurs ont largement salué la stratégie de Nvidia, mais l’émergence de ces alternatives internes pourrait peser sur ses marges bénéficiaires et remettre en question les valorisations élevées qui lui sont actuellement attribuées. Google, par exemple, utilise déjà ses propres unités de traitement tensoriel (TPU) pour alimenter ses plateformes d’IA, des puces qui se révèlent plus rentables et moins énergivores que les GPU de Nvidia (NASDAQ: NVDA).

En optant pour les TPU, Google semble non seulement réduire ses coûts opérationnels, mais aussi diminuer sa dépendance vis-à-vis de Nvidia. Cette tendance ne se limite pas au géant de la recherche en ligne. Meta Platforms (NASDAQ: META) a développé sa propre puce, MIA, pour gérer ses charges de travail d’IA générative, tandis qu’Amazon (NASDAQ: AMZN) utilise Tranium pour des tâches similaires.

L’intérêt croissant pour les TPU se reflète également dans les performances boursières de Google, ce qui laisse présager une intensification des efforts de recherche et développement dans ce domaine. Sundar Pichai, PDG de Google, a d’ailleurs annoncé que les TPU seraient bientôt proposés à la vente, notamment à des entreprises comme Anthropic, qui prévoit d’en acquérir jusqu’à 1 million.

« Nous investissons dans la capacité TPU pour répondre à l’énorme demande que nous constatons de la part de nos clients et partenaires, et nous sommes ravis qu’Anthropic ait récemment partagé son intention d’accéder à jusqu’à 1 million de TPU », a déclaré Sundar Pichai.

Laszlo Kishonti, d’aiMotive, estime que cette concurrence accrue encouragera d’autres acteurs majeurs du secteur à développer leur propre silicium personnalisé, potentiellement à un coût inférieur à celui des puces Nvidia. Bien que les puces avancées de Nvidia devraient conserver une forte demande, le marché semble prendre acte de cette nouvelle donne.

Pour mieux comprendre les valorisations de ces entreprises, il est utile d’examiner le ratio PEG (Price/Earnings to Growth). Pour Nvidia, avec un ratio cours/bénéfice (P/E) de 43 et un ratio PEG de 0,92, le marché anticipe une croissance des bénéfices de 46 %. À titre de comparaison, Verizon (NYSE: VZ) affiche un P/E de 8,5, mais une croissance attendue de seulement 3 %, ce qui se traduit par un ratio PEG proche de 3. Apple (NASDAQ: AAPL), avec un P/E de 37 et une croissance prévue de 10 %, présente également un ratio PEG supérieur à celui de Nvidia.

Ces exemples illustrent l’importance de prendre en compte le potentiel de croissance lors de l’évaluation d’une entreprise, car un ratio P/E élevé peut être justifié si les perspectives de croissance sont suffisamment fortes.

You may also like

Leave a Comment