Réorientation budgétaire vers le tramway
L’arrêt du projet de téléphérique résulte d’un changement de priorité politique et financière au sein de Bordeaux Métropole. Sous la présidence d’Alain Juppé, le projet était envisagé comme un outil de désenclavement et un symbole de modernité. Toutefois, l’administration actuelle, dirigée par Vivek George, a opéré un arbitrage en faveur des transports lourds et des mobilités actives.
Le coût d’investissement et de maintenance d’un système de transport par câble en zone urbaine présente un ratio coût par passager nettement plus élevé que celui du tramway. Selon les analyses techniques internes à la Métropole, le téléphérique n’offrait pas la capacité de transport nécessaire pour répondre aux flux massifs entre la rive gauche et la rive droite.
L’investissement est désormais redirigé vers l’extension des lignes de tramway et la modernisation du matériel roulant. L’objectif affiché par la collectivité est d’augmenter la fréquence des passages et d’améliorer la connectivité des quartiers périphériques, plutôt que de créer une liaison ponctuelle et aérienne.
Opposition citoyenne et critiques du projet
Le projet a fait face à une opposition soutenue de la part de collectifs d’habitants et d’associations environnementales. Les critiques se sont concentrées sur l’impact visuel des pylônes et des stations, ainsi que sur l’intrusion des cabines dans l’espace privé des riverains.
Le terme de « gadget » est revenu fréquemment dans les débats publics. Les opposants soutenaient que le téléphérique servait davantage d’attraction touristique que de solution de transport efficace pour les travailleurs quotidiens. Cette perception a pesé dans la décision finale de la Métropole, qui a cherché à éviter un conflit prolongé avec les riverains et des recours juridiques systématiques.
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Le choix doit se porter sur des solutions de transport massifiées et durables, capables de déplacer des milliers de personnes chaque heure, et non sur des projets de prestige dont l’utilité sociale reste marginale.
Vivek George, Président de Bordeaux Métropole
Stratégies de mobilité pour franchir la Garonne
L’abandon du téléphérique oblige la Métropole à repenser les liaisons entre les deux rives. Le franchissement de la Garonne reste un point critique pour la fluidité du trafic et l’attractivité de la rive droite.
La stratégie actuelle repose sur trois axes :
1. Le développement du Réseau Express Vélo (REV) pour encourager les déplacements cyclables sécurisés.
2. L’optimisation des navettes fluviales, qui offrent une alternative écologique, bien que moins rapide.
3. L’étude de nouveaux ponts ou le renforcement des infrastructures existantes pour réduire la saturation routière.
L’accent est mis sur l’intermodalité. La Métropole souhaite que les usagers puissent passer sans couture du vélo au tramway ou au bus, réduisant ainsi la dépendance à la voiture individuelle pour traverser le fleuve.
Impacts sur l’aménagement de la rive droite
L’absence de téléphérique modifie la trajectoire d’aménagement de la rive droite. Le projet initial devait servir de catalyseur pour l’installation d’entreprises et de services dans des zones moins denses.
Sans cette liaison rapide, la Métropole mise sur une densification urbaine mieux répartie et un renforcement des transports en site propre. L’enjeu est d’éviter que la rive droite ne reste une zone dortoir ou une zone industrielle isolée.
Les urbanistes de la Métropole travaillent désormais sur des projets de « quartiers du quart d’heure », où les services essentiels sont accessibles à pied ou à vélo, limitant ainsi le besoin de traversées systématiques vers le centre-ville. Cette approche marque une rupture avec la vision centralisée portée par les précédents projets de transport aérien.
Le dossier du téléphérique est désormais clos. La collectivité se concentre sur le plan de mobilité 2026-2030, qui priorise la décarbonation des transports et l’accessibilité universelle. L’incertitude demeure toutefois sur la capacité des alternatives actuelles à absorber l’augmentation du trafic entre les deux rives à moyen terme.
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