Home MondeTrump défend Mohammed ben Salmane dans l’affaire Khashoggi : des choses comme celle-ci arrivent

Trump défend Mohammed ben Salmane dans l’affaire Khashoggi : des choses comme celle-ci arrivent

by Clara Dubois

Publié le 19 novembre 2025 à 07h02. Lors d’une visite à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a minimisé l’implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, contredisant ainsi les conclusions des services de renseignement américains.

  • Donald Trump affirme que le prince héritier saoudien n’avait aucune connaissance du meurtre de Jamal Khashoggi.
  • Cette déclaration est en contradiction avec un rapport de renseignement américain de 2021 qui imputait la responsabilité du meurtre au prince héritier.
  • La visite du prince héritier est marquée par des discussions sur des accords potentiels dans les domaines de l’énergie nucléaire, de l’intelligence artificielle et des investissements.

La rencontre entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, survenue mardi au Bureau Ovale, a été l’occasion pour le président américain de défendre le dirigeant saoudien face aux questions concernant l’assassinat de Jamal Khashoggi en 2018. Trump a interrompu un journaliste qui soulevait la question, déclarant que le prince héritier « ne savait rien » de l’affaire et qu’il ne fallait pas « embarrasser nos invités ».

Ces propos interviennent alors que les services de renseignement américains avaient publié en 2021 un rapport concluant que le prince héritier avait approuvé l’opération qui a conduit à l’assassinat de Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul. L’administration Trump, durant son premier mandat, avait choisi de ne pas rendre public ce rapport.

De son côté, le prince héritier a affirmé que l’Arabie saoudite avait « pris toutes les mesures nécessaires » pour enquêter sur le meurtre de Khashoggi, qualifiant l’affaire de « douloureuse ». Il s’agit de sa première visite aux États-Unis depuis cet événement qui a profondément affecté les relations américano-saoudiennes.

Hanan Khashoggi, la veuve de Jamal Khashoggi, a réagi aux déclarations de Trump, estimant qu’elles étaient incohérentes avec les propos tenus par le prince héritier lui-même. Elle a rappelé que le prince héritier avait reconnu, lors d’une interview à l’émission 60 Minutes en 2019, sa responsabilité dans ce « crime horrible ». Sur la plateforme X, elle a demandé une rencontre avec le prince héritier, ainsi que des excuses et une compensation pour le meurtre de son mari. Hanan Khashoggi a obtenu l’asile politique aux États-Unis et réside actuellement dans la région de Washington.

Les discussions entre Trump et Mohammed ben Salmane portent également sur des accords potentiels dans plusieurs domaines stratégiques, notamment l’énergie nucléaire civile, l’intelligence artificielle et des investissements saoudiens aux États-Unis, qui pourraient atteindre un billion de dollars (1 000 milliards de dollars). Le prince héritier avait initialement annoncé un montant de 600 milliards de dollars.

La vente de chasseurs F-35 avancés à l’Arabie saoudite a également été abordée. Trump a indiqué que les licences d’exportation étaient en cours d’approbation, espérant parvenir à un accord avec Lockheed Martin. Cette perspective suscite des inquiétudes en Israël, qui craint une remise en question de sa « supériorité militaire qualitative » dans la région, étant le seul pays à posséder actuellement ces avions. Trump a précisé que la version qui pourrait être vendue à l’Arabie saoudite serait similaire à celle utilisée par Israël, ajoutant que « l’Arabie saoudite est un grand allié, et Israël est également un grand allié. Je sais qu’ils préféreraient que vous ayez des avions moins avancés, mais pour ma part, je vois que les deux pays méritent mieux ».

La visite du prince héritier à Washington se poursuivra par un dîner mardi soir, auquel a participé le footballeur portugais Cristiano Ronaldo, et par un forum d’investissement mercredi.

Le président Joe Biden, quant à lui, n’a pas reçu le prince héritier. Il avait auparavant promis de traiter l’Arabie saoudite comme un « paria » en raison de son bilan en matière de droits humains, mais s’est rendu dans le Royaume en 2022 pour négocier des accords sur d’autres dossiers.

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