Publié le 28 novembre 2025 à 06h11. Suite à une attaque meurtrière à Washington, le président Trump a annoncé une suspension radicale de l’immigration en provenance des pays du « tiers monde » et un durcissement des contrôles aux frontières, ravivant le débat sur sa politique migratoire.
- Donald Trump a promis de suspendre « définitivement » l’immigration en provenance de tous les pays qu’il qualifie de « tiers monde ».
- Cette annonce intervient après la mort d’une membre de la Garde nationale et la blessure d’un autre lors d’une fusillade à Washington DC.
- L’administration Trump a également annoncé un examen approfondi des demandes d’asile et des cartes vertes, ciblant notamment les ressortissants afghans.
Dans un message publié tard jeudi soir sur son réseau social Truth Social, le président américain a déclaré que son administration « mettrait fin à toutes les prestations et subventions fédérales aux non-citoyens » et expulserait « toute personne qui ne constitue pas un atout net pour les États-Unis ». Cette déclaration, formulée après 23 heures, a pris de court de nombreux observateurs et marque une escalade dans la rhétorique anti-immigration du président.
La fusillade, survenue mercredi près de la Maison Blanche, a coûté la vie à Sarah Beckström, membre de la Garde nationale. Un autre soldat, Andrew Wolfe (24 ans), est toujours dans un état critique. L’auteur présumé de l’attaque, Rahmanullah Lakanwal, un ressortissant afghan arrivé aux États-Unis en septembre 2021 dans le cadre d’un programme d’évacuation mis en place après le retrait américain d’Afghanistan, a été blessé et est en détention. Selon des informations de Reuters, il avait obtenu l’asile en avril 2025, sous l’administration Trump. La CIA a par ailleurs confirmé qu’il avait collaboré avec des unités militaires soutenues par l’agence pendant la guerre en Afghanistan.
Le président Trump a immédiatement tiré les conséquences politiques de cet événement. Il a dénoncé la nécessité d’un « contrôle total sur les personnes qui entrent et restent dans notre pays », et a annoncé l’envoi de 500 soldats supplémentaires de la Garde nationale à Washington DC. Il a également pointé du doigt les communautés somaliennes du Minnesota, après avoir promis la semaine dernière de mettre fin au statut de protection temporaire pour les Somaliens de cet État. Plus d’informations sur la situation au Minnesota.
Les services américains de citoyenneté et d’immigration (USCIS) ont annoncé la suspension indéterminée du traitement des demandes d’immigration concernant les ressortissants afghans, en attendant un examen plus approfondi. Le ministère de la Sécurité intérieure a ensuite étendu cette mesure à tous les cas d’asile approuvés sous l’administration Biden. Joseph Edlow, le directeur de l’USCIS, a également annoncé un « réexamen rigoureux et à grande échelle de chaque carte verte pour chaque étranger de chaque pays préoccupant », sur instruction du président Trump. Rappel de l’interdiction de voyager de 2017.
Cette annonce intervient alors qu’un juge fédéral a ordonné la semaine dernière la fin du déploiement de la Garde nationale à Washington DC, mais a suspendu son ordonnance pendant 21 jours pour permettre à l’administration Trump de faire appel ou de retirer les troupes. Les soldats de la Garde nationale sont présents dans la capitale américaine depuis août, suite à une déclaration d’« urgence criminelle » par l’administration Trump. Informations sur l’état d’urgence à Washington DC.
La politique migratoire de Donald Trump a été marquée par des controverses dès le début de son premier mandat, notamment avec l’instauration d’une interdiction de voyager qui a été largement critiquée et contestée en justice. Cette politique a été abrogée par Joe Biden en 2021. Article du New York Times sur l’interdiction de voyager de 2017.
L’Associated Press a contribué à cet article.
